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Le blog de Christophe

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Récit de dix voyages en Birmanie (Myanmar)


Panpet, le dernier fief des femmes-girafes

Publié par Christophe sur 17 Juin 2014, 19:21pm

Lundi 19 mai 2014

Ce matin, je suis attendu par le conducteur d'une charrette pour visiter un village Padaung où il paraît même que je pourra voir des danses. Me voilà à l'arrière de la charrette, c'est bien agréable sauf que je me rends vite compte que je connais la route que l'on emprunte. Et ce qui devait arriver arriva, nous voilà dans le village de Sam Bo (ou Pangka) que je visite donc pour la troisième fois. Même les femmes Paudaungs ne font plus attention à moi, trop habitués à me voir ces derniers jours.

On retourne à Loilaw et je n'aurai rien vu de nouveau. De retour en ville, je demande la direction de la station de bus pour réserver un trajet pour Kalaw. Je m'y rends à pied, mais c'est bien plus éloigné que je ne pensais. Et là gentiment, un jeune homme à moto se propose de m'y emmener, abandonnant même sa copine sur le bord de la route. Il n'y a qu'en Birmanie que l'on voit ça. Au guichet, j'obtiens un billet pour Kalaw à 4 000 k.

Je regagne le centre de Loikaw lorsque je croise un chauffeur de taxi qui me demande où je vais. Je lui réponds pour rire : Panpet, le plus gros village Padaung de la région. Il m'annonce un prix de 50 000 k, je tente 20 000 et finalement on s'entend sur 25 000. C'est parti pour une heure de route au nord de la ville, au coeur des collines boisées de l'état Kayah. On atteint des routes de montagne, de plus en plus étroites avant de finir le parcours sur un chemin de terre, à la limite du praticable.

Me voilà à Panpet où avec la chaleur, les femmes Padaungs s'abritent dans les maisons sur pilotis. Mon chauffeur de taxi me dit que les femmes sont dans la forêt, ce qui m'étonne un peu. On se décide alors à faire le tour du village et je vais vite me rendre compte que la plupart des maisons sont occupées par des femmes-girafes. Je vais en voir plusieurs qui s'adonnent aux tâches du quotidien : le ménage, la cuisine... J'avais peur qu'elles viennent vers moi dans l'espoir de me vendre des souvenirs, il n'en sera rien.

En revanche, elles sont nombreuses à attendre un billet en échange d'une photo. Ce qui gâche un peu le plaisir car ce n'est pas dans mes habitudes. Je parviens quand même à faire quelques clichés sympas sans débourser d'argent, préférant photographier des scènes de vie plutôt que des gros plans.

Dans le village de Panpet, une trentaine de femmes et de filles portent des anneaux autour du cou. Pour ma part, je ne verrai que des adultes. On apprendra que la plupart d'entre elles passent la majeure partie de leur temps en Thaïlande voisine, vendant des souvenirs et faisant la joie de touristes fascinés ravis de ramener des photos de vacances si exotiques.

A la frontière thaïlandaise, ces femmes vivent alors dans des villages spécialement transformés pour attirer les touristes. L'entrée est payante et il n'y a que des boutiques de souvenirs, de tissage... D'après ce que me dit une jeune du village, les femmes-girafes gagnent environ 3 000 baths par mois (environ 70 euros) côté thaïlandais. Somme qu'elles ne peuvent gagner dans la région de Loikaw où rien n'a (encore) été conçu en faveur du tourisme.

Et pour venir à Panpet, il faut vraiment en vouloir. Mon chauffeur de taxi reconnaîtra d'ailleurs que c'est la première fois qu'il y met les pieds. Autant dire que les touristes doivent se faire rares ici. D'ailleurs, en arpentant les allées de ce petit village, je m'aperçois que les enfants sont effrayés en voyant un étranger comme moi. Il faut rappeler que cette région nécessitait encore un permis spécial pour y accéder il y a un peu plus d'un an. Ce qui devait freiner les ardeurs des plus aventuriers car pour avoir cette autorisation, il fallait en faire la demande quinze jours avant...

A Panpet, rien n'est vraiment fait pour attirer les touristes. Il n'y a aucun commerce dans le village, juste un petit stand à l'entrée du village avec quelques souvenirs Padaungs. Lors de mon passage, aucune femme-girafe ne tenait le stand.

Je vais approcher quelques unes de ces femmes. Je ne sais pas si ce sont tous ces colliers autour du cou qui donnent une apparence plus âgée à ces femmes. Toujours est-il que je suis toujours surpris quand elles m'annoncent leur âge. Comme cette femme que je croyais être une vieille dame et qui, en fait, n'avait que 37 ans.

J'aurai aussi l'occasion de peser ces colliers qui sont bien plus lourds que je ne pensais. Dès l'âge de cinq ans, les petites filles commencent avec une dizaine d'anneaux, et en ajoute ensuite environ un chaque année jusqu'à l'âge adulte. Une femme peut ainsi porter jusqu'à 25 cercles de métal, soit un total de 5 kg qui compressent ses épaules et ses clavicules.

Une visite imprévue qui m'a permis découvrir les femmes-girafes dans leur habitat d'origine, dans leur région de naissance. Cela faisait pas mal d'années que j'émettais le souhait de visiter Loikaw quand ce serait ouvert aux étrangers. C'est chose faite. C'était sans arrières-pensées malsaines, juste le souhait, après tant de voyages en Birmanie, de découvrir une nouvelle région et de nouvelles populations.

Le soir, repas dans le resto de la veille, derrière le marché principal. Personne ne parle Anglais alors je fais confiance au personnel. Et me voilà avec six plats sur le table, de la cuisine chinoise. Un excellent repas pour un prix au-dessus de la moyenne locale : 4 500 k.

Panpet, le dernier fief des femmes-girafes

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Juliette la Galette 03/03/2016 08:01

Bonjour,
Je me suis rendue à Panpet aujourd'hui.
Il y a maintenant une succession de 3 petits sites :
1- Faux village avec femmes, guitare et artisanat, 5000 k, l'entrée. Je n'y suis pas allée, mais je pense que c'est un bon moyen de découvrir la culture des femmes girafe de manière moins authentique certes, mais surtout moins intrusive
2- Village sympathique, mais quasi vide (les femmes girafe "travaillent" ds le village précédent
3- Vrai village avec qq femmes et filles girafe, 4 buvettes et de l'artisanat. J'y ai passé la matinée à jouer avec les enfants (apportez des cahiers et des feutres !), puis lorsque j'ai demandé à prendre qq photos, cela a été fait avec un grand sourire et sans demander d'argent. Pour moi cela tient du respect de créer un lien minimal avant de prendre une photo !! Normal que dans le cas contraire on demande de l'argent !

Juliette la Galette 05/03/2016 12:50

De rien Christophe ! Merci beaucoup pour ce blog qui a vraiment guidé la construction de mon parcours !

Christophe 03/03/2016 08:32

Bonjour Juliette et merci pour ces dernières nouvelles de Panpet.
Bon voyage à travers la Birmanie.
Christophe

Christophe 01/07/2015 10:33

Bonjour,
Je confirme que la route qui mène à Loikaw n'est pas simple. De Mawlamyine, il n'y a pas de bus direct, il faut passer par Yangon et compter encore 15 heures de bus. Après, à partir de Loikaw, il y a un ou deux bus à destination de Kalaw et ils s'arrêtent à Aungban, non loin du lac Inle.
Bons préparatifs.

Christophe 05/03/2016 13:20

Bonjour,
Si tu vas à Mindat, merci de passer le bonjour de ma part à la patronne de la Sé Nang family guesthouse. Je suis sûr que tu adoreras Mindat et que tu ne regretteras pas ce looooong trajet.

Juliette la Galette 05/03/2016 12:49

Pour info, je suis venue depuis Inle (départ à 8 et 9h, 7h de trajet, 10 000 kyats) et me voilà dans un improbable Loikaw - Mindat (départ tlj à 17h, loooong trajet, 15 300 kyats)

patricia 01/07/2015 22:36

Merci beaucoup Christophe

patricia 30/06/2015 10:25

Bonjour Christophe, après avoir lu ton blog j'avais inclus Loikaw dans mon périple, mais je n'avais pas lu les commentaires... Du coup j'hésite! Cela fait peut-être un grand détour pour un premier voyage!
En fait, je t'écrivais surtout pour savoir comment se rendre à Loikaw. Y a-t-il un bus Mawlamyaine/Loikaw ? Ou bien faut-il retourner à Yangon ?
De Loikaw, comment aller à Kalaw ? Encore merci de ton aide

Christophe 15/12/2014 17:12

J'avoue que ce n'est pas mon endroit préféré de Birmanie. C'est encore en dehors des circuits touristiques, c'est ce qui m'avait plu dans cette destination. Pour le reste, les femmes-girafes qui attendent les touristes, ça n'a pas été mon plus grand plaisir. En revanche, être le seul touriste à Loikaw, c'était déjà un peu plus folklo.

sib 15/12/2014 11:34

J'y suis passé debut décembre, on a vu près de 15 femmes long neck qui semblaient attendre des visiteurs. Il y même 2 "boutiques" toutes récentes qui proposent des canettes de boissons, également des anneaux. Ce sont en fait2 villages distants de 200 m, chacun avec sa garderie pour les petits. Une d'elles tient un registre des visiteurs ( env 30 depuis juin 2014). Une route en construction permettra d'y accéder sans marcher. Cette visite restera mon moins bon souvenir de ce pays merveilleux .

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