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Le blog de Christophe

Le blog de Christophe

Récit de dix voyages en Birmanie (Myanmar)


Là où les touristes ne vont pas

Publié par Christophe sur 5 Novembre 2015, 18:53pm

 

Je suis à deux pas de la gare principale de Yangon. Cette ville où les touristes ne jurent que par ses pagodes Shwedagon ou Sule, son marché Bogyoke et ses souvenirs. A la gare, ils s'y rendent entre autres pour faire le tour de Yangon avec le train circulaire. Mais à quelques mètres de là, c'est une autre Birmanie qui se présente. Un bidonville en plein coeur de la ville, un endroit où la misère saute aux yeux, où les odeurs des détritus qui jonchent le sol vous prennent à la gorge.

 

 

Je me suis presque trouvé par hasard dans ce quartier bordant deux rues passantes, dont celle menant à la gare. Je m'introduis dans une petite ruelle, les regards semblent surpris de ma présence. Un homme me fait même comprendre que je dois faire demi tour car le chemin ne va pas plus loin. En fait, il veut m'éviter de découvrir un autre aspect de la Birmanie, qu'on ne montre pas aux touristes : la pauvreté. Et pourtant, ce n'est pas le seul endroit de ce genre dans le pays.

 

 

Ma route se poursuit par d'autres petites ruelles, j'ai le droit à quelques " Mingalabar " (Bonjour en Birman) qui suffisent à détendre l'atmosphère, à afficher des sourires. Pourtant ici, ça ne semble pas être la joie de vivre. Les habitations sont d'une vétusté inimaginable. Elles ressemblent plus à des abris qu'à des logements dignes de ce nom. Des tôles rouillées font office de toit, un peu de bois et des bâches plastiques protègent les habitants. Il n'y a pas d'eau courante, seuls des puits sont installés aux quatre coins du quartier, ainsi que des toilettes publiques... qui donnent sur des tas d'immondices.

 

 

Quelques boutiques vendent de maigres provisions, les femmes font la cuisine dans la rue, à même le sol dans des conditions d'hygiène limitées, tandis que les enfants jouent avec tout ce qui leur passe par les mains, des cailloux ou des pneus.

 

 

Je croise des femmes avec d'énormes sacs sur la tête. Leur métier : la récupération du plastique et des canettes qu'elles revendront une misère. Pour une bouteille en plastique, elles toucheront 5 kyats et 10 kyats pour la canette (1 euro équivaut à 1400 kyats). Des hommes poussent des roulottes de fortune avec ananas, papayes et pastèques qu'ils espèrent vendre dans des rues au pouvoir d'achat plus élevé. Je tombe nez à nez avec des rickshaws bariolés aux couleurs rouge et jaune du parti NLD, le parti d'Aung San Su Kyi. Ce parti sur lequel ils fondent de grands espoirs pour un avenir meilleur.

 

 

Ce que me confirme une femme que je rencontre près de son vétuste abri. Son Anglais est parfait. Elle me dit avoir cessé son travail car elle est enceinte et elle habite ce triste endroit suite à un incident dans la vie. J'apprends un peu plus tard qu'elle a travaillé dans une agence de voyage francophone. " Ici, c'est très pauvre et les touristes ne viennent jamais. Aux étrangers, on leur montre la pagode Shwedagon, Bagan ou le lac Inle. Mais la réalité en Birmanie, c'est dans des quartiers comme chez nous. Là où vivent des gens qui n'ont rien ".

 

 

Plus que tout, cette femme se raccroche aux élections du 8 novembre pour qu'enfin le changement voir le jour. " On est sûr de rien, mais on espère que 2016 fera place au renouveau. Qu'on s'occupe de nous les pauvres et que l'on vive dans de meilleures conditions. Mais aujourd'hui, nous n'avons aucune garantie quant à notre avenir ", dit-elle avec le sourire.

 

 

Une femme qui parle un excellent anglais pour avoir côtoyé pendant plusieurs années les touristes étrangers. Une femme qui n'aura tiré aucun bénéfice du tourisme, elle qui habite une baraque qui tient à peine debout. Mais elle ne jalouse personne " Mon ancien patron, un Français, est installé depuis 15 ans en Birmanie, il a très bien réussi professionnellement et possède une très belle maison ". Ce qu'elle n'aura peut-être jamais, dans ce pays où les salaires sont les plus bas de la région, plus bas encore qu'au Bangladesh.

 

Là où les touristes ne vont pas

Commenter cet article

baie d'halong 23/01/2017 02:36

J'adore votre article! Il m'a inspiré beaucoup! Merci!

Christophe 23/01/2017 02:53

Merci beaucoup. Je profite de mes derniers jours en Birmanie et d'ici quelques jours d'autres articles suivront sur le sud du lac Inle, le festival Naga et d'autres encore.
Christophe

Steph et jackline. Lejeune 11/09/2016 08:54

Tu n es pas le seul à barouder hors des sentiers bobos classiques.ce que tu exposés sans retenue. C est la réalité du monde...premiers voyages ??traveling jack line. .voyages et découvertes

Christophe 11/09/2016 10:34

Pas tout compris à votre message. Si vous avez des aventures birmanes à nous conter faut surtout pas hésiter.
Christophe

Papet 24/07/2016 20:03

Oui , en même temps il ne faut pas etre naifs, aung san suu kyi ou pas les birmans ne sont pas sortis de l auberge. ..et il y aura toujours une grande misère face à des nantis.

Christophe 24/07/2016 21:02

C'est vrai que ce n'est pas gagné. Mais si au moins il pouvait y avoir des avancées pour qu'il n'y ait plus tant de misère.

michel 01/04/2016 03:18

merci pour cet article qui permet de voir les réalités birmanes .

Barbara 25/11/2015 11:51

C'est difficile de voir des populations dans une telle pauvreté, mais j'aime connaitre tous les aspects d'un pays et cela en fait malheureusement partie. Il y a trois ans, j'ai eu la chance de faire le tour d’Asie grâce au prêt vacances pris sur https://www.sofinco.fr/projet-credit/pret-vacances.htm . J’ai pu faire un séjour chez l’habitant en Inde et c'était quelque chose de génial. En fait, il s'agissait d’amis un peu pauvres, mais tellement gentils et généreux. Grâce à cela, j'ai pu découvrir la vie quotidienne de la population. Toutes les photos que vous avez mises rappellent à quel point la vie peut être difficile.

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