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Le blog de Christophe

Le blog de Christophe

Récit de dix voyages en Birmanie (Myanmar)


Au pays des femmes tatouées

Publié par Christophe sur 26 Décembre 2015, 17:02pm

 

Il n'y a pas si longtemps encore, je découvrai Mindat et ses habitantes au visage tatoué. Un lieu perdu dans les montagnes Chin que j'avais tellement adoré que j'y suis retourné avec un petit détour par Kanpelet. Sans aucun doute, ma région préférée de Birmanie.

 

Samedi 17 octobre 2015  : Journée farniente à Monywa

 

 

Réveil à 7 heures. C'est un buffet petit déjeuner qui m'attend. Excellent. Pendant le repas, je rencontre un Birman que j'ai déjà vu quelque part, je crois même à la télé. Il est accompagné de ce qui semble être des joueurs de football. Pas de doute, c'est le capitaine de football de l'équipe du Myanmar que j'avais vu jouer à la TV cette semaine contre de Laos dans un tea shop à Khamti. Je n'ai pas osé l'approcher, ni le déranger, mais il avait l'air nettement plus abordable que nos footballeurs français. Faut dire aussi que ce n'est pas le même niveau.

 

 

A l'hôtel, je me renseigne sur les bus pour Pakkoku. Il y en a pas mal et j'en réserve un pour le lendemain à 13 heures (4 000 k). L'hôtel dispose de la wifi. J'ai un nombre impressionnant de mails à lire aussi bien de mon boulot, que je zappe, que de la famille ou de futurs voyageurs pour la Birmanie à qui j'essaie de répondre au mieux.

 

 

En fin de matinée, je fais le tour des marchés qui grouillent de monde avec les habituels étals de poissons séchés, fruits, piments, épices... J'achète quelques mangoustans à 2 000 k le kilo, une aubaine quand on connaît les prix en France. En milieu d'après-midi, les rues de la ville s'animent avec l'arrivée des stands de nourriture. Il y en a pour tous les goûts, de la célèbre mohinga, aux brochettes, en passant par les criquets, les nems, des currys ou les abats de porc... J'opterai pour du riz avec du porc dans un resto de rue (1 500 k) face au Golden Arrow, cet hôtel qui est quand même une sacrée arnaque.

 

 

Retour à l'hôtel Chindwin où les joueurs de foot de Yangon reviennent avec la victoire. Les joueurs chantent, crient, se jettent de l'eau dans le hall de l'hôtel et dans l'indifférence générale. Le foot en Birmanie, ce n'est pas encore ça. Je vais sur le toit de l'hôtel admirer le coucher de soleil sur la pagode voisine et en admirant au loin le Bouddha géant, enfin les géants puisqu'il y en a un debout et un autre couché. La vue est admirable. Des tables ont été dressés sur le toit ainsi qu'un buffet, une famille veut m'inviter. C'est trop gentil, mais j'ai déjà mangé.

 

 

Dimanche 18 octobre : Direction Pakkoku

 

 

Encore un bon petit déjeuner au buffet. Je prends mon temps ce matin, vais à la pagode, sur le marché. Le soleil tape déjà fort. Vers 12 h 30, je quitte ma chambre, me rend à la réception où j'attends pour payer. On me rend mon passeport, on me remercie et on me dit au revoir. Bref, je ne paierai pas la seconde nuit. Une moto (1 000 k) m'emmène à la station de bus. Je partirai en minibus VIp (4 000 k) pour Pakkoku que l'on rejoindra en à peine 2 h 30. En route, j'observerai quelques manifestations en l'honneur de la NLD, le parti d'Aung San Suu Kyi.

 

Arrivé à Pakkoku, une moto me dépose pour 1 000 k à la Mya Yatanar Inn guesthouse, un endroit fréquenté de longue date par les touristes. La patronne parle très bien Anglais. Elle me déniche un billet de bus pour Mindat à 8 500 k et me propose une chambre toute simple à 11 000 k au lieu de 10 000 habituellement. Elle me demande si j'accepte cette augmentation liée aux récentes inondations qui ont touché la région et provoqué une hausse des prix. Elle m'évoque le prix des oignons qui est passé de 300 k le kilo à 2 000 k. Avec de tels arguments, je ne peux qu'accepter.

 

 

Je fais un tour dans la ville où j'étais passé en coup de vent en février dernier. Je me rends compte qu'elle est plus grande que je ne le pensais. Le marché est particulièrement animé. Mon attention est attirée par des vendeurs de jouets fabriqués avec du matériel de récupération : bois, canettes, sacs plastiques qui sont transformés en bateaux, hélicoptères...

 

Le soir, repas dans un petit resto local qui semble attirer pas mal de locaux. Il y a même un menu en Anglais. Le resto Sut Thi Taw m'a agréablement surpris. Une excellente salade de porc, deux soupes, un milk shake papaye pour seulement 1 500 k. Une adresse à retenir.

 

Lundi 19 octobre : Mindat se rapproche

 

 

Ce matin, un petit déjeuner très léger m'attend à la Mya Yatanar. A 8 heures, la fille de la patronne m'emmène à la station de bus pour Mindat. Le départ du bus se fera peu avant 9 heures, le temps de manger une mohinga, le plus célèbre plat birman. La route s'est nettement améliorée pour rejoindre l'état Chin. J'ai même le droit à un bus climatisé alors qu'il y a six mois, c'était encore un vieux sans aucun confort. Le trajet va se faire en un peu plus de six heures, avec un arrêt pour cause de travaux et une halte repas durant laquelle je serai servi comme un prince. Sur la table, une dizaine de plats dont trois viandes. Et la serveuse qui n'arrête pas de me resservir du poulet. Je m'attends à une addition salée. Finalement, ça ne coûte que 2 000 k.

 

 

Je me fais déposer devant la guesthouse Se Naing où la patronne ne reconnaît. Elle me propose une chambre sur le toit à 15 000 k. Je ne perds pas une minute et repars à la découverte de Mindat. Il ne me faut pas bien longtemps pour croiser des femmes dont le visage est tatoué. Toujours aussi impressionnant à voir.

 

 

Je me renseigne à la station de bus sur les destinations possibles au départ de Mindat. Je m'aperçois que c'est toujours aussi compliqué de quitter la ville, hormis pour rejoindre Pakkoku. Il y a bien des transports pour Matupi à 10 heures de route, toujours dans la région Chin mais où apparemment il n'y a pas de femmes tatouées, qui reste quand même l'objectif de ma visite. Et pour Kampelet, il n'y a apparemment pas de transport, c'est du moins ce qu'on me dit. Je me rendrai compte plus tard de l'inverse.

 

 

Pour l'instant, je me contente de Mindat, un endroit où il y a tant à voir et qui me comble de bonheur. Et qui va bientôt devenir ma destination préférée en Birmanie. En fin de journée, je rencontre un homme qui parle bien Anglais, il m'invite chez lui et me présente son père qui est pasteur et sa mère dont les tatouages sont particulièrement voyants.

 

 

L'homme est artiste et a également travaillé pour une organisation non gouvernementale. On discute un long moment. On parle religion - sachant qu'ici on est en terrain catholique- mais aussi de l'état Chin, l'un des plus pauvres du pays. Il m'explique qu'à Mindat, il y a de l'électricité qu'une fois tous les jours ou encore qu'il n'y a aucun travail pour les jeunes. On évoque les élections du mois de novembre, il dit ne plus y croire. Il ne pote pas de grands espoirs sur le parti d'Aung San Suu Kyi, estimant qu'il y a trop de retards à combler dans son pays et encore plus dans sa région. Je retrouverai mon petit lit douillet en pensant à l'avenir de cette région qui semble loin de tout.

 

Mardi 20 octobre : Sur la route de Matupi

 

 

Je profite de la douche brûlante de la guesthouse puis vais rejoindre le resto de la station de bus pour y prendre mon petit déjeuner. Ce matin, je pars à pied en direction de la route de Matupi, là où il y a le plus de villages au bord de la route. Je ferai 11 km de grimpette et croiserai des dizaines de femmes tatouées qui me dira-t-on ne parlent pas un mot de Birman, mais plutôt le dialecte Mon ou Khan.

 

 

Certaines de ces femmes refusent catégoriquement d'être prises en photo, d'autres acceptent gentiment et avec le sourire. Je ne pense pas qu'elles soient harcelées par les touristes, mais elles ont quand même dû en voir passer quelques uns et en ont certainement marre d'être photographiées. J'avoue que ces tatouages me fascinent. On m'a expliqué qu'il y en avait différentes sortes, avec notamment une lettre B sur le visage, parfois un B à l'envers ou même des gros points. Sachant que du côté de Kampelet, les tatouages sont apparemment encore différents.

 

 

Ma balade se poursuit tranquillement. De temps à autre, j'effraie un enfant pas habitué à voir un étranger, parfois des femmes se cachent le visage en me voyant au contraire de certains hommes qui veulent m'inviter chez eux. Ces derniers veulent me montrer les tenues traditionnelles ou les ornements Chin dont ils disposent, très souvent des armes, couteaux, fusils... On les sent fiers de leurs racines. En chemin, deux hommes tiennent absolument à ce que je les photographie.

 

 

Il fait particulièrement chaud sur les chemins de montagne et les arrêts dans d'éventuels boutiques se font plutôt rares car elles ne sont pas particulièrement bien achalandées. Je trouve néanmoins un endroit où boire un café. Je croise des jeunes hommes qui se demandent de où je viens et si je compte aller comme ça jusqu'à Matupi. Je les rassure et fais finalement demi-tour à un endroit où les villages sont nettement plus dispersés.

 

 

Sur le chemin du retour, j'observe une cérémonie avec des prières dans une maison. Un jeune m'interpelle en Anglais et m'invite à se joindre à eux. Il m'explique que ce sont les obsèques de son père. Je suis chaleureusement invité à manger en compagnie des membres de la famille. J'avoue que je suis un peu gêné par rapport aux circonstances. On échange avec le fils du défunt qui est un Chin originaire de Kalaymyo plus au nord. Il me dit être venu à moto jusqu'ici, après 5 ou 6 heures de trajet. Si j'étais à sa place, je ne vous dis pas les courbatures...

 

 

Il me présente sa mère dont le visage est recouvert de tatouages et qui porte d'énormes boucles d'oreilles remplies de fleurs roses. En milieu d'après-midi, on me ramène à la guesthouse où je ressens les premières douleurs aux jambes après cette longue marche.

 

 

Mercredi 21 octobre : Neuf heures de marche dans les montagnes Chin

 

 

Ce matin, je suis décidé à faire une grande balade sur la route de Kampelet. Une bouteille d'eau et quelques mandarines et me voilà parti pour ce qui s'avérera un trek éprouvant. Je passe devant le nouvel hôpital de Mindat qui n'était pas encore complètement achevé en février dernier. Un établissement flambant neuf, mais seul problème et pas des moindres, il n'y a pas de médecins compétents. Aux dires d'un habitant de Mindat, c'est de la poudre aux yeux comme beaucoup de choses faites par le gouvernement birman qu'il qualifie de " stupide ".

 

 

La misère, je vais la côtoyer tout au long de mon parcours, de mon très long parcours. Je débute par une route goudronnée, mais qui ne le sera pas bien longtemps. Dans les alentours proches de Mindat, les femmes tatouées sont particulièrement visibles devant les maisons où elles s'affairent aux tâches du quotidien. Ou alors je les croise avec des paniers remplis de bois ou de végétaux.

 

 

C'est alors que je croise un homme à moto, en tenue traditionnelle. Des plumes sur la tête, le couteau en bandoulière et un veston coloré le caractérisent. Il se rend dans une habitation où se tient une répétition de danses folkloriques. J'attendrai quelques instants pour y assister, mais comme ça prend du temps, je poursuis mon chemin. Arrive ensuite une autre moto pilotée par un homme et avec comme passagère une femme tatouée. Le pilote parle quelques mots d'Anglais et me dit qu'il est moto-taxi sur ce tronçon. Je le croiserai d'ailleurs à plusieurs reprises au cours de mon périple, sauf au retour lorsque j'avais le plus besoin de lui. Je lui parle de Kampelet, il me dit qu'il faut 5 heures de route pour l'atteindre alors qu'il n'y a même pas 40 km. Je comprendrai mieux par la suite pourquoi il faut autant de temps et pourquoi aucun bus ne s'y rend actuellement.

 

 

Je traverse encore quelques villages où je vois davantage d'enfants qui jouent dans les arbres ou avec des cailloux. Ici les jouets, comme par chez nous, il ne faut pas trop y compter. On m'expliquera plus tard que tous les enfants ne vont pas à l'école car certains travaillent très jeunes comme serveurs, porteurs et j'en passe... Moi qui croyais naïvement que l'école était obligatoire.

 

 

Je commence à emprunter une descente sur un chemin de terre, parfois boueux, à la limite du praticable. Il y a des travaux avec des engins pour refaire la route, mais vu l'ampleur du chantier, il faudra du temps. C'est là que je croise un homme à moto qui se propose de m'emmener. Il n'y a qu'un cale pied sur sa moto et la descente me paraît presque encore plus fatigante. Mais ce que j'oubliais, c'est qu'il me faudra peut-être faire le retour à pied et ça risque de grimper sec.

 

 

En contrebas coule une rivière et un pont est en cours de construction, empêchant toute traversée en véhicule, ni même à moto. Mon chauffeur gare son deux roues et nous poursuivons à pied. Il faut d'abord franchir la rivière les pieds dans l'eau, puis emprunter une petite passerelle en bambou. De l'autre côté de la rivière, ça grimpe pour rejoindre d'autres hameaux où là encore je vais côtoyer la misère. Ici, il n'y a rien, aucun commerce, pas d'électricité, aucun transport hormis quelques rares motos.

 

 

L'homme qui m'accompagnait m'a abandonné pour rejoindre des amis qui travaillent dans les bois. Je tombe sur une petite maison qui semble particulièrement animée à l'intérieur. Dedans, des hommes et des femmes tatouées boivent de l'alcool de riz. Ils ont l'air à moitié ivre. Ils m'offrent un verre que je ne peux refuser malgré l'hygiène très douteux. Ils veulent m'inviter à pénétrer dans la maison, je décline la proposition et poursuis ma route. Ca monte toujours et encore.

 

 

Je traverse des villages particulièrement pauvres, avec des enfants aux vêtements arrachés surpris de voir un étranger et parfois apeurés. Quand je parviens à les photographier, c'est un exploit. Et lorsque je leur montre les photos, les sourires et les plaisanteries font immédiatement place. Il y a aussi ces femmes très âgées sur le pas de leur porte, qui décortiquent quelques graines de maïs, une des rares richesses dans ces montagnes, avec les quelques animaux qui entourent l'habitation : poules, canards, porcs...

 

 

Je rejoins encore quelques villages, puis croise un homme tout fier de se faire photographier avec son long fusil à l'épaule. Une arme d'un autre temps. Puis il y a cet homme qui veut être photographié avec les crânes d'animaux qui ornent l'entrée de sa maison. Il est 13 heures, cet homme essaie de me parler et je vois bien à son air qu'il ne comprend pas que je ne sois pas accompagné d'un guide.

 

 

Je me décide enfin à retourner sur mes pas. La descente jusqu'à la rivière n'est guère éprouvante. Je la franchis sans aucune difficulté pendant qu'une Birmane, affichant un large sourire, me photographie avec son portable. A chacun son tour !

 

 

Vient maintenant le moment de la montée. J'observe tous les lacets à gravir. Impressionnant. Il me faudra plus de 2 h 30 de monter pour atteindre Mindat. J'aperçois les premières maisons de la ville, c'est la délivrance. Je retrouve mon premier chauffeur à moto qui me propose de le suivre. Etant presque arrivé, je décide d'aller jusqu'au bout malgré les douleurs aux jambes.

 

Il est 17 h 30, la chaleur m'a abandonné, les nuages cachent le soleil. Les enfants jouent, des femmes étendent le linge, d'autres se lavent aux abords des points d'eau. Je suis épuisé et m'arrête au premier coffee shop. J'avale un coco et engloutis trois morceaux de brioche. Quelques instants plus tard, j'ai toujours un petit creux et m'arrête dans un resto local pour un curry poulet à 2 000 k.

 

 

Je croise un guide local, Naing, quasiment le seul de la région. Il veut m'inviter chez lui. Il est content de me dire qu'il travaille pour l'agence Ananda Travel. Le problème est que son frère m'a tellement déçu en février dernier suite à un trek sans intérêt, que j'ai préféré le zapper.

 

Sur le chemin de l'hôtel, je croise des touristes dans des véhicules flambant neufs, confortablement installés. Une autre manière de voyager. Je prends une bonne douche, m'allonge dans le lit. Je n'ai même pas le temps de bouquiner que je m'écroule immédiatement.

 

Jeudi 22 octobre : L'idée d'un voyage à Kanpelet refait surface

 

 

Ce matin, je me lève avec de bonnes douleurs aux jambes. Je déjeune à la guesthouse, un cake. Puis vais faire un tour dans Mindat. Et voilà que je rencontre deux femmes tatouées avec d'énormes boucles d'oreilles... dans la maison juste à côté de ma guesthouse. Comme quoi il n'y a pas besoin d'aller bien loin pour en rencontrer. Aujourd'hui, je décide de me la couler douce. Je vais chercher un billet de bus pour Pakkoku à 7 000 k. J'ai le billet en poche et voilà qu'on m'annonce qu'il y a trois bus par semaine pour Kanpelet. Mais le billet ne se prend pas à la station principale. Le trajet prend normalement trois heures et on me fait comprendre qu'il y a en fait une autre route qui mène à Kanpelet. Je comprends mieux maintenant quelques groupes de touristes parvenaient à s'y rendre, sans trop de diificultés.

 

 

Je me balade à travers le bourg en songeant à un éventuel périple jusque Kanpelet, qu'il serait dommage de rater sachant que l'occasion ne se représentera peut-être plus. Finalement, après un long moment, je parviens à trouver la boutique qui vend les tickets mais celle-ci est fermée. Dans le magasin voisin, on me dit que le prochain transport est ce samedi. Je retourne à la guesthouse me faire confirmer cette information par la patronne. Elle téléphone et m'assure qu'il y a des transports les mardi, jeudi et samedi pour Kanpelet. Ma décision est prise. Je fais une croix sur Mrauk U que j'espérais revoir, mais faute de temps, je vais privilégier l'état Chin. Je retourne à l'agence Moe Pi qui me rembourse avec le sourire mon billet de bus pour Pakkoku.

 

Pour Kanpelet, j'achèterai le billet demain. La patronne de la guesthouse m'a dit qu'il s'agissait d'une jeep qui part tôt pour Kanpelet et revient le jour même sur Mindat. Je suis bon pour revenir mardi prochain à Mindat, voire le jeudi qui suit si j'ai le coup de foudre.

 

 

j'avais dit que je me la coulerai douce aujourd'hui, mais je ne peux m'empêcher de marcher. Je reprends la direction de la route de Matupi et croise toujours autant de femmes tatouées au visage. Celles qui portent de grosses boucles d'oreilles sont les plus réticentes à être photographiées. Dans ce cas, je n'insiste pas.

 

Je croise alors le groupe de touristes de la veille. Environ 8 ou 9 Danois qui sont partis visiter le village de Pan Awt. Ils ne m'ont pas l'air très chargé pour ce trekking. Pas étonnant, quelques mètres plus loin, des femmes portent sacs et bouteilles d'eau. Ce n'est vraiment pas ma manière de faire.

 

 

Je tombe alors sur deux hommes en tenue traditionnelle qui s'achètent des cheerots, les célèbres cigares birmans. On me dit qu'ils reviennent d'une fête au mont Victoria. Et qu'ils y sont allés à pied... Quel courage.

 

 

Direction une petite gargote où je commande un plat de noddles accompagné d'une soupe, pour 500 k seulement. Excellent. Il est un peu plus de 16 heures, je vais me poser à la guesthouse.

 

Vendredi 23 : Ma dernière à Mindat

 

 

Ce n'est pas encore aujourd'hui que je vais me reposer. J'ai arpenté la ville de long en large, découvrant même qu'il y avait plein de petits chemins en terre en contrebas de ma guesthouse. Pour commencer, j'ai cherché le village de Pan Awt où le groupe de touristes que j'avais croisé la veille s'était rendu. On m'a indiqué une mauvaise route. J'ai repris la même que celle effectuée deux jours avant, alors qu'il fallait prendre celle de Matupi. Tant pis. J'ai passé la fin de matinée et le repas du midi avec un prêtre.

 

 

En début d'après-midi, j'étais curieux de visiter le resort à la sortie de Mindat, l'Oasis Mount Resort. Pour s'y rendre, il vaut mieux être motorisé car la route est longue. L'endroit est paumé, au calme et c'est ce que recherchent les groupes de touristes me confiera le gérant qui est également en charge d'un resort similaire à Kanpelet. Les bungalows n'ont rien d'extraordinaire, il y a juste l'eau chaude et l'endroit est à mourir d'ennui. Le prix du bungalow : 70 000 k pour une personne seule, 80 000 pour 2. Ce n'est pas donné. On me prévient qu'il y a aussi la possibilité de dîner sur place. C'est vrai qu'on n'a pas trop le choix, vu la distance avec Mindat. Je demande si c'est inclus dans le prix de la chambre. Oh que non, et c'est facturé 6 000 k le repas !

 

 

Malgré les tarifs, le gérant a l'air sympa. Il me confie que ce sont essentiellement les groupes qui viennent chez lui, plutôt des personnes âgées avec un bon budget. Il m'indiquera aussi une autre route au départ de Kanpelet pour me rapprocher de Yangon, celle menant à Chauk. Ce sera l'occasion de découvrir une nouvelle ville, mais aussi d'éviter de revenir sur mes pas, à Mindat.

 

 

Je reprends la longue ascension jusqu'à Mindat et coupe à travers un chemin en terre, en longeant de nombreuses habitations. J'espère être sur le bon chemin. Je m'arrête dans une petite échoppe acheter quelques biscuits. On m'offre gentiment le thé. On ne se comprend pas avec les vendeuses, mais ce n'est pas grave. Ca nous fait bien rire. Le soir, je change de cantine. J'abandonne le curry poulet à 2 000 k dans l'établissement tenu par une vieille dame tatouée et vais chez le voisin qui accueille habituellement les groupes de touristes. Les prix s'en ressentent. Un porc sauce aigre douce, riz et bière pour 5 000 k.

 

Samedi 24 : En route pour Kanpelet

 

 

Ca fait plusieurs années que je bourlingue en Birmanie et jamais je ne pensais atteindre Kanpelet par mes propres moyens. En fait, ça n'avait rien de bien compliqué. J'avais en poche mon billet à 5 000 k pour m'y rendre depuis Mindat. La patronne de la guesthouse se chargeant de contacter mon transport pour qu'il vienne me chercher après 7 heures devant son établissement. Il arrivera finalement à 8 heures. C'est un ancien modèle de jeep qui se pointe avec 8 passagers à bord. Je suis devant, entre le levier de vitesse et un autre passager. Le parcours va durer quatre heures à travers les montagnes et les rizières, avec une halte repas à mi parcours. Et dire qu'il n'y a que 40 miles entre Mindat et Kanpelet.

 

 

Le chauffeur est bien sympathique et parle correctement Anglais. Il me confirme qu'il y a chaque jour des transports entre Kanpelet et Chauk. Il me dit aussi qu'il y a possibilité de trouver une guesthouse à 5 000 ou 10 000 k à Kanpelet. Il m'en déniche une en arrivant et semble ennuyé car le prix atteint 15 000 k. Je visite la chambre de la Shwe Taung Tang qui me convien parfaitement et le prix avec. L'endroit est propre, la salle de bain commune aussi. Je ne perds pas une minute et vais me repérer dans Kanpelet, dont les maisons semblent un peu plus éparpillées dans les montagnes.

 

Le bourg est par ailleurs plus petit que Mindat, mais ça grimpe nettement plus. Je repère aussi un autre établissement pour routards, l'Eden guesthouse, plus haut perchée que celle où je suis. Sur mon chemin, quelques femmes au visage tatoué, pas comme à Mindat, car ici ce sont des lignes sur le visage.

 

 

J'atteins un chemin en terre et rencontre un jeune parlant Anglais. Je lui demande où je pourrai voir des femmes portant d'immenses boucles d'oreilles. Il me fait voir avec son doigt un chemin à suivre et me dit qu'il y a un village à 4 miles d'ici. L'après-midi est déjà bien engagé, je verrai demain. Je redescends dans le bourg, vais boire un café en m'amusant de voir tous ces enfants agglutinés devant la télé. Je ne mets pas longtemps avant de rencontrer un Birman anglophone voulant faire ma connaissance. C'est un jeune homme Chin qui a travaillé plusieurs années en Malaisie et à Singapour. Saw, son prénom, me dessine une carte des villages autour de Kanpelet selon leur intérêt. Et décide de m'emmener en voir quelques uns avec sa moto.

 

 

On ira ainsi jusqu'à Saw Long. Petit village niché dans les montagnes. Ici, les villages sont plus typiques qu'à Mindat, les maisons sont toutes en bois. Les femmes âgées sont tatouées et les hommes portent de grosses boucles d'oreilles. Pour avoir le droit de les photographier, ils réclament de l'argent, jusqu'à 5 000 k la photo. Les groupes de touristes qui viennent jusqu'ici ne sont sûrement pas étrangers à cette démarche.

 

 

Mon guide du jour m'expliquera qu'un jour il y avait chez son oncle, qui tient un resort dans les montagnes, jusqu'à 45 touristes allemands et français. Il a fallu les séparer en deux groupes et ils arrivaient par vingtaine dans les villages avec guides, traducteurs et porteurs. Jusqu'à présent, je n'ai pas croisé ces groupes, et ça m'arrange bien.

 

Saw m'emmènera ensuite dans la maison de ses parents, puis celle de son beau frère qui est située entre les rizières et les plantations. J'y rencontrerai un couple âgé, la femme est tatouée et l'homme porte de grandes boucles d'oreilles en argent. Je cueillerai des goyaves que je mangerai dans la foulée. Excellentes.

 

 

Retour dans le bourg à la tombée de la nuit. Avec Saw, nous parlerons de tout et de rien, mais surtout de politique dans une gargote. Il veut se relancer dans les affaires et attend les élections de novembre. Selon les résultats, il restera ou non en Birmanie, un pays qui, selon lui, bénéficie de ressources naturelles extraordinaires, mais dont profitent toujours les mêmes. Lui, c'est dans la transformation du bois qu'il voudrait se lancer sachant qu'il n'y a aucune usine dans l'état Chin.

 

Enfin, on a évoqué le sort des exilés Birmans en Malaisie, ces hommes et ces femmes qui doivent faire face à des contrôles de police répétés. Enfin, la discussion tournera autour des Rohingyas. Mais là, comme beaucoup de Birmans, il n'a rien voulu entendre. Retour à ma guesthouse. Je bouquine quelques instants avant de m'effondrer.

 

Dimanche 25 octobre : Dans des villages hors du temps

 

 

Pour un dimanche, la journée va être particulièrement chargée. Après un petit déjeuner au snack shop face à ma guesthouse : un café et des shan noddles (1200 k), je pars pour un trek sur un chemin qu'on m'a indiqué, en passant par l'Eden Motel pour rejoindre le village de Ye Laung Paan. On m'avait annoncé 4 miles, j'ai l'impression d'en avoir effectué beaucoup plus.

 

 

Les quelques villages traversés paraissent bien calmes. Je ne croise essentiellement que des enfants parfois effrayés de me voir. Je comprends mieux pourquoi il y a si peu d'adultes dans les villages, en arrivant peu avant 11 heures à Ye Laung Paan. L'église du village fait le plein en ce jour de messe. Je pénètre dans l'édifice en bois et c'est la surprise générale. Ils doivent se demander de où je sors, si je suis un missionnaire ou que sais-je...

 

 

Des enfants s'approchent de moi. Après la surprise, place à l'amusement, ce qui perturbe un peu la cérémonie. Sur les coups de midi, les habitants regagnent leurs maisons. Je fais un tour du village puis continue jusqu'à un autre village un peu plus dans les hauteurs. Là aussi la vie semble particulièrement calme hormis cet homme qui ire des boeufs et quelques habitants au pied de leur maison.

 

 

Je fais demi tour, marche quelques instants jusqu'au moment où une moto s'arrête. C'est le pasteur de l'église où je me suis arrêté. Il me propose de me ramener. Fort sympathique car je me rends compte que j'avais parcouru bien plus de kilomètres que je ne pensais.

 

 

Vers 13 h 30, je retourne au café de la veille au soir où je retrouve Saw. Il me propose de m'emmener voir des villages. J'ai vraiment de la chance d'être tombé sur lui car pour visiter les villages ici, vaut mieux être motorisé au vu des distances. Il va me faire découvrir deux villages sur la route du mont Victoria, Kyak Chan village et Ma Kyawt Arr. Deux villages perchés dans les montagnes qui conservent pas mal de vieilles maisons faites en bois et avec des toits de chaume.

 

 

Il fait un peu plus frais et les habitants sont réunis autour d'un feu pour se réchauffer et discuter. Les enfants sont pieds nus avec des vêtements parfois déchirés. Je ressens très vite la pauvreté, mais malgré tout les habitants gardent le sourire. On se contente de peu ici.

 

 

Dans le second village, je vais assister à une cérémonie. Là encore, tous les habitants sont réunis, ils mangent, boivent de l'alcool de mil et discutent dans un esprit bon enfant en compagnie de quelques soeurs. Les villages me font penser à ceux autour de Kengtung.

 

 

En fin de journée, Saw veut absolument m'emmener à la messe dans une église catholique de Kanpelet. Un peu plus de 40 minutes à prier. Et comme ça ne parlait et chantait qu'en Birman, j'ai trouvé le temps long. Mon accompagnateur m'a ensuite emmené chez lui, dans sa maison en bois où on a bu un verre, en compagnie de sa femme et de son enfant. Tout en dégustant un concombre qui a poussé dans son immense jardin dont il est très fier. Jardin où se côtoient potirons, orchidées, fraises et épices.

 

Lundi 26 octobre : Invitation au baptême

 

 

Ce matin, je retrouve Saw à 8 heures pour la visite de nouveaux villages. Le premier Par Quin se trouve dans le bas de Kanpelet. On y restera très peu de temps car il est très peu animé et les vieilles habitations en bois ont été, pour la plupart, abandonnées. En chemin, on croisera des femmes avec de beaux tatouages propres aux habitants de Kanpelet. On ira ensuite au village de Kan Yar Youne, un peu plus animé que le précédent mais où il n'y a quasiment aucune femme tatouée sur place.

 

 

Je vais en voir un peu plus tard à Kanpelet où je serai invité au baptême d'un petit garçon. J'assiste à la cérémonie en compagnie de la famille et du prêtre. Avant de m'installer manger. Au menu, il y a du porc des brochettes pas très cuites à mon goût et une bouillis avec du mouton qui a un goût très particulièrement et une couleur peu attirante. Je fais honneur aux plats. Les parents du petit baptisé sont particulièrement fiers d'accueillir un étranger à cette cérémonie.

 

 

Si j'avais su avant quel était le but de cette invitation, j'aurai ramené un cadeau pour l'enfant qui ce jour-là avait mis sa plus belle tenue traditionnelle. Des femmes tatouées, je vais encore en rencontrer mais à chaque fois les photos ne sont pas les bienvenues, ou seulement en échange d'argent. Ce que je refuse contrairement à d'autres touristes qui sont passés avant moi.

 

 

Saw m'explique que les locaux craignent que leurs photos soient utilisées dans des ouvrages ou sur des sites internet, et c'est la raison pour laquelle ils réclament de l'argent. Mais je pencherai plutôt pour une autre version. C'est lorsque les groupes arrivent jusqu'ici, l'agence qui les emmène se rapproche des villageois et demande à ce qu'ils sortent leurs plus belles tenues et tous les objets qui vont avec... moyennant de l'argent. Ce que me confirmera Saw, expliquant au passage que les tenues traditionnelles se font plus rares car elles coûtent relatiement cher. 

 

 

Au pays des femmes tatouées

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Voyage Pratique 17/01/2017 05:02

Merci pour votre article un vrai mine d'informations. C'est décidé mon prochain périple sera le Myanmar !

Monique 28/10/2016 13:45

Bonjour Christophe ! On vous l'a déjà dit mille fois, mais c'est tellement vrai : votre blog et vos expériences sont une aide fabuleuse pour organiser notre séjour en Birmanie ! Nous y serons dès le 5 janvier 2017... et à Mindat le 20 janvier si tout va bien pour 4 jours.
Pouvez vous me dire vers quelle heure est le bus de retour de Mindat vers Pakkoku, afin de savoir quand prendre ensuite un autre bus vers Mandalay ?
Merci encore pour tout et .... bon voyages ssss !

Monique 28/10/2016 21:37

On aurait adoré y aller nous aussi mais cela prendrait trop de temps pour notre 1er séjour en Birmanie. Une autre fois j'espère car c'est le 1er de tes articles que nous avons lu...

Christophe 28/10/2016 15:24

On ne sait jamais... Mais ça m'étonnerait que j'aille à Mindat car je dois aller dans le grand nord voir le festival Naga.

Monique 28/10/2016 15:17

Merci pour l'info...rapide. Oui, j'aimerais beaucoup que l'on se croise pour échanger "sur place" !

Christophe 28/10/2016 13:50

Bonjour,
Les horaires au départ de Mindat ne sont pas toujours fiables. Le bus part en général entre 8 h 30 et 10 heures. Il faut compter arriver en milieu d'après-midi à Pakkoku. Et pensez à prendre une petite laine car à Mindat il peut faire frais en janvier. Et qui sait, on se croisera peut-être car je serai en Birmanie à la même époque.
Christophe

Bruno 25/10/2016 20:53

Bonjour,
Merci beaucoup pour ton retour, c'est vraiment super d'avoir l'avis de quelqu'un qui connait tres bien le pays. Nous allons je pense ecarter Loikaw et privilegier Mindat et Mrauk si le temps nous le permet. Nous y serons la bas de mi novembre a mi decembre donc nous prevoyons les affaires chaudes ! Ton recit sur la remontee de la riviere Chindwin nous a plu egalement mais ca sera pour une autre fois... Merci encore et peut etre a bientot sur les routes birmanes!

Bruno 24/10/2016 17:29

Hello Christophe,
Comme tout le monde nous parcourons ton site qui est une mine d'informations pour organiser son voyage roots en Birmanie.
Nous comptons passer dans les environs de Mindat, et Kanpelet, mais par faute de temps n'irons pas plus haut ( Hakha, Batupi,..). Est ce que l'on rate quelque chose de ne pas monter plus au nord sachant qu'on recherche avant toute chose, depaysement, contact avec la population, authenticité et paysages divers?
Autre chose, il nous restera envrions 3-4 jours avant de repartir du pays, nous hésitons entre la région de Mrauk U et Loikaw? Mrauk U ne ressemblerait peut etre pas un peu trop a Mindat? Ou est ce tout autre chose?
Merci d'avance!
Bruno et Caro

Christophe 24/10/2016 17:41

Bonjour,
Je ne sais pas quand vous prévoyez de partir, mais attention l'hiver il peut faire froid dans l'état Chin. Si vous allez à Mindat et Kanpelet, vous verrez sûrement ce qu'il y a de plus beau dans cette région. Hakha et Matupi, tout comme Falam sont très difficiles d'accès et ce n'est pas ce qu'il y a de plus beau dans ce secteur... surtout en comparaison au nombre d'heures passées dans les transports en commun.
Ensuite entre Mrauk U et Loikaw, ma préférence va pour Mrauk U, qui n'a rien rien à voir avec Mindat. Dans cette région de l'Arakan, il y a des temples magnifiques, la chaleur, pas la même végétation que dans l'état Chin... et nettement moins de femmes tatouées qu'à Mindat. Attention le trajet qui y mène est également long et en 3-4 jours avec les trajets, ça peut faire juste.
Christophe

Edith 18/09/2016 20:58

bonjour, nous serons à Bagan début décembre et souhaitons nous rendre à Mrau Ku, nous aimerions y aller par la route pour éviter de retourner à Yangoon pour y prendre l'avion. Nous souhaitons également visiter la région Chin, Mindat nous fais bien envie (vos descriptions et photos y sont pour quelque chose...). Si nous trouvons un véhicule pour nous y emmener, que conseillez vous, remonter sur Pakkoku puis Mindat et Kanpelet ? Où passer par la route plus au Sud donc d'abord Kanpelet puis Mindat ? Ensuite ça à l'air d'être un peu casse tête pour rejoindre Mrauk U. nous avons environ 10 jours pour faire ce tour, comme nous sommes 6 nous aimerions louer un véhicule avec chauffeur, si vous avez de bons conseils à nous fournir, nous serons ravis. Dans tous les cas, nous resterons à l’affût de vos partages sur votre blog, très intéressant.
Edith

Christophe 18/09/2016 21:35

Bonsoir
L'idéal pour rejoindre Mindat est de passer par Pakkoku. Ensuite il y a moyen de gagner Kanpelet en véhicule, village qui à mes yeux à moins de charme que Mindat. Après avec une voiture avec chauffeur il y a possibilité de se rendre à Mrauk U via très certainement Chauk. Trajet assez long et qui n'est quasiment faisable qu'en passant par une agence. Et sachant aussi qu'en dix jours ça laissera très peu de répit.
Christophe

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