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Le blog de Christophe

Le blog de Christophe

Récit de dix voyages en Birmanie (Myanmar)


En solo avec les Palaungs, avec la foule pour The Lady

Publié par Christophe sur 4 Mars 2016, 16:50pm

Dernière ligne droite de mon périple en Birmanie. Retour à Kalaw où des surprises m'attendent encore avec la fête de la pleine lune et des rencontres insolites avec les Palaungs.

Mardi 27 octobre 2015 : Des villes pas faites pour les touristes

 

Ce matin, c'est départ depuis Kanpelet pour Chauk en pick-up. A la guesthouse, je suis réveillé avant tout le monde. Je prends un petit déjeuner rapide dans le snack situé juste en face de l'établissement. Le pick-up part à 6 h 40, je suis installé juste à côté du chauffeur. On emprunte des routes de montagne qui sont très souvent en travaux. C'est une habitude après la saison des pluies. J'ai toujours autant de mal à voir ces femmes porter des gros cailloux ou à étaler le goudron à mains nues et sans aucune protection.

J'arrive à Chauk vers midi et là, je vais être confronté à une des rares galères que j'ai connue au cours de mon voyage. Il n'y a aucune guesthouse acceptant les étrangers. La première me refuse l'entrée et la seconde est bien trop éloignée du centre. En plus, Chauk n'a pas l'air d'être une ville passionnante. Il n'y a pas grand chose à y faire pour les touristes, hormis paraît-il un grand marché qui était fermé au moment de mon passage.

Je retourne à la station de bus où on m'apprend qu'un vieux car part à 13 heures pour Meitkila. Comme la fête de la pleine lune approche, je me dis que ce serait une bonne idée d'y assister dans une grande ville. Même si je ne connais rien de cet endroit et que je n'en ai eu que très rarement des échos. J'atteins Meitkila vers 16 h 30. C'est une grande ville, assez étendue et surtout très poussiéreuse. Il y a un lac et quelques temples éparpillés dans la ville.

Je trouve un hôtel, peut-être le seul qui me présente une chambre à peu près correcte, mais sans être extraordinaire à 29 000 k la nuit. Il n'y a que l'eau froide dans la douche et la wifi ne fonctionne pas. Seul avantage, la vue : je suis en face du lac. Le Peace Path Palace n'a que le nom qui nous fait croire que l'on se retrouve dans un palace.

Je pars à la découverte de cette ville qui va très vite s'avérer fatigante. Il y a beaucoup de commerces, énormément de trafic et des pétards qui claquent un peu partout en cette période de fête. Je me réfugie dans un bistrot flambant neuf qui dispose de la wifi et commande un jus de pamplemousse à 2500 k. Un endroit stylé, ça se paie en Birmanie.

Le soir, je me balade aux abords du lac, voir les Birmans faire la fête à leur manière. C'est très bon enfant. Ca se prend en photo devant les pagodes, ça chante, ça lance des pétards et ça improvise des feux d'artifice. Je me contente d'une petite salade et d'une soupe dans une gargote qui s'est installée rien que pour la fête. Je débourse seulement 300 k. Retour à l'hôtel où la nuit sera excellente.

Mecredi 28 octobre 2015 : Vite le grand air à Kalaw

 

Ce matin, la ville semble bien calme par rapport à la veille. A croire que les Birmans ont festoyé jusqu'à une heure très tardive. Le marché ainsi que de nombreux magasins sont fermés. J'ai bien peur de devoir rester une nuit supplémentaire ici car les bus m'ont l'air d'être à l'arrêt. J'aviserai dans la journée. Je fais un tour dans le centre de cette ville particulièrement poussiéreuse, avant de retourner dans le même café de la veille pour me connecter à la wifi. J'ai été contacté sur ma boîte mail par une émission de télé qui projette un reportage sur la Birmanie et on demande des renseignements. C'est l'émission Echappées Belles de France 5. On échangera pas mal, je donnerai des renseignements sur la pays mais en retour, je n'ai plus eu de nouvelles...

En fin de matinée, je me décide à partir pour Kalaw, une ville qui ne m'a jamais déçu et qui se trouve à 3 heures de route de Meitkila. Je paie ma chambre et je trouve facilement un minibus en partance pour Kalaw. On m'annonce le prix de 12 000 k que je négocie finalement 8 000. Sachant que ça reste quand même élevé pour le pays. Juste avant, j'avais téléphoné à un ami belge, Marc, qui tient la Thitaw Lay House et qui, par chance, dispose encore d'une chambre.

Vers 15 heures, j'arrive à destination et retrouve Marc, ravi de me revoir. Il a beaucoup entendu parler de mon blog de la part de touristes francophones de passage dans son établissement. Mais il semble embarrassé, il vient de se rendre compte qu'il a commis une erreur sur ses réservations et qu'il affiche en fait complet. Il est victime de son succès ! On discute un bon moment de mes nombreux voyages en Birmanie, d'endroits qu'il ne connaît pas, lui qui est en permanence à Kalaw. Lui évoque la réussite de sa guesthouse qui, depuis mon dernier passage, s'est agrandie de 5 chambres supplémentaires pour se mettre en règle avec les autorités. En Birmanie, il y a une capacité de lits à respecter et si elle n'est pas atteinte, on risque la fermeture.

Déçu de ne pas pouvoir me recevoir, il me propose une chambre pour le lendemain et m'emmène dans une autre guesthouse qu'il connaît, le Rail Road Hotel. Et je ne vais pas être déçu. Une chambre spacieuse et confortable m'attend pour 15 dollars. Je suis accueilli avec une crêpe et du café par une charmante demoiselle. Une des serveuses de l'établissement est pliée de rire par rapport à ma taille, qui dépasse largement la moyenne de celle des Birmans.

 

Je fais un tour de Kalaw qui, malgré mes nombreux passages, ne change pas vraiment. Il y a toujours l'air pur, les montagnes, les agences de treks... En fin de journée, je tombe sur un cortège. Les filles tiennent des lampes, les adultes dansent et chantent, le tout accompagné de pétards et feux d'artifice. La fête de la pleine lune continue et tout le monde est particulièrement excité.

 

Même dans une pagode tout proche de ma guesthouse où les moines s'amusent à installer des bougies et surtout à jeter des pétards. Mon appareil photo s'en donne à coeur joie. Retour dans mon lit douillet où je m'endors au son des feux d'artifice.

 

Jeudi 29 octobre : Trempé, sans guide et chanceux

 

Ce matin, Kalaw est encore endormie après la fête de la veille au soir. Le petit déjeuner à la guesthouse est très correct, mais loin de ce qui m'attendra demain à la Thitaw Lay House. Je file tranquillement dans le centre du bourg à la recherche d'un pick-up pour Aungban où mon calendrier annonce que c'est le grand jour du marché. Finalement, je trouve une moto à 1 500 k.

Arrivé à Aungban, je déchante. Le marché est minuscule. Il a été décalé en raison de la fête de la pleine lune. Aujourd'hui, la population prie. Je me retrouve dans un monastère en compagnie de quelques Pa'os dont les tenues sont toutes resplendissantes. Fête oblige. Je m'apprête à quitter Aungban pour retourner à Kalaw. Je tombe sur un pick up qui me prend. Je pensais qu'il s'agissait d'un transport collectif, je me suis en fait retrouvé en compagnie d'une famille qui m'a gentiment déposé à Kalaw. De retour dans le centre, j'en ai profité pour acheter un billet de bus VIP pour le lendemain à 18 500 k.

Il est 13 heures, je ne sais pas trop où aller. Je vais à la gare de Kalaw, mais aucun train pour un court trajet ne correspond à mes envies. Il ne fait pas trop mauvais et je décide de tenter l'aventure jusqu'au village de Tar Yaw, un village Palaung qui n'a pas l'air trop éloigné. Un homme m'indique la route, mais ça semble plus compliqué qu'il n'y paraît car il y a pas mal de chemins, de croisements et je ne sais pas trop où me diriger. C'est ça de partir sans guide et de faire le malin...

Je me retrouve dans un monastère, pas du tout ce que j'avais prévu au départ. Demi tour, une femme m'indique que je ne suis pas du tout sur le bon chemin. Une autre m'indique un sentier qui part à l'opposé. Je marche sans trop savoir où je vais puis aperçois une moto avec une femme Palaung à l'arrière. Je dois être sur la bonne voie.

 

Sauf que je n'avais pas prévu que l'orage allait pointer son nez. Le ciel s'assombrit avant qu'une grosse averse éclate. Il n'y a aucun endroit pour se mettre à l'abri. J'ai l'air fin avec mon tee-shirt. Je m'abrite sous un arbre mais me retrouve très vite trempé.

 

Je sors de ma cachette et remarque une sorte de refuge. J'attends un instant que la pluie cesse. Je n'ai pas le temps de sécher. Je m'apprête à faire demi tour et vois un motard qui me confirme que je suis bien sur la route de Tar Yaw. Le soleil réapparaît et je reprends le chemin de ce village. ça monte, mais ce n'est pas trop éprouvant.

 

Je croise deux touristes accompagnés d'une guide qui me dit que Tar Yaw est à 2 heures de marche. Elle me conseille d'aller jusqu'au point de vue et de faire demi tour si je veux retourner à Kalaw avant la nuit tombée. Ce qu'elle a oublié de me dire c'est que le fameux village était finalement à 10 minutes à pied du view point. J'y vais donc quand même. Rien de bien passionnant dans ce village à moitié endormi où je ne croise que quelques enfants et ne vois aucune femme en tenue traditionnelle.

 

J'entends de l'animation un peu plus loin dans un monastère, ça chante et ça prie. Je pénètre à l'intérieur et là coup de chance, des dizaines de femmes Palaungs en tenue bleue et rouge à rayures en train de prier. Mon entrée suscite la surprise de leur part. Je suis le seul étranger dans les lieux. On me demande où est mon guide. " Pas besoin ", réponds-je. La preuve : il n'y en a aucun qui est venu jusqu'ici alors que c'est à 300 mètres du célèbre chemin de trekking entre Kalaw et Inle.

 

Et pour voir autant de femmes en tenue traditionnelle, c'est ici qu'il fallait être. Je savoure l'instant, mon appareil photo aussi. Les femmes Palaungs également, toutes contentes d'être photographiées et de voir ensuite le résultat sur mon numérique. Un pur moment de bonheur.

 

La cérémonie s'achève. Je quitte tout ce beau monde. Il est 16 h 30, j'ai intérêt à activer car Kalaw est encore loin et à 18 heures, il fera nuit. Heureusement, je rencontre un jeune motard qui me propose de me ramener pour 3 000 k. Je n'hésite pas un seul instant.

 

 

 

Arrivé à Kalaw, je fais une pause à la boulangerie Poe Poe qui fait d'excellents chaussons à la banane. Et je file à la Thitaw Lay House où Marc a déjà installé mes bagages dans ma chambre. Une douche bien chaude me fera le plus grand bien.

 

 

Vendredi 30 octobre : Farniente avant de longues heures de bus

 

Ce matin, le petit déjeuner à la Thitaw Lay House est sublime. Du cake à la banane, des oeufs, du miel, du pain, du yaourt... tout fait maison. Je me régale. Aujourd'hui, je décide de me la couler douce. Et j'ai bien fait de ne pas me lancer dans un trekking car il a plu pas mal en début d'après-midi. Et ce soir, je dois prendre un bus pour Yangon et on ne sait jamais à l'avance si on dormira bien.

Je me balade un peu dans Kalaw, bouquine et vais manger au restaurant népalais l'Everest, avec un excellent curry servi dans un cadre agréable pour 5 000 k. Dans l'après-midi, je discuterai un peu avec Marc, le patron de la Thitaw. Il cherche un employé pour le seconder le soir car il passe son temps à travailler pour la guesthouse, très souvent de 5 à 21 heures. Ce n'est plus une vie, malgré son plaisir d'accueillir au mieux les touristes et qu'il se sente toujours aussi bien à Kalaw.

Une ville que je vais quitter vers 20 h 45 en bus VIP pour Yangon. J'ai le siège du fond, le seul qu'il restait au moment de la réservation. Je parviendrai à dormir une bonne partie de la nuit, seulement réveillé par quelques virages brusques. Le bus arrive vers 5 h 50 à la station d'Aung Mingalar. Je trouve un taxi à 6 000 k pour rejoindre ma guesthouse la Shan Myaye.

Samedi 31 octobre : Une journée sur l'environnement

 

J'ai eu chambre plus vaste que la première fois, située sur le même pallier que la réception. Ce matin, je me balade un peu en ville, du parc Mahadandoola à la pagode Sule, en passant par un tea shop. J'ai rendez-vous avec une amie francophone à l'institut français de Birmanie où il y a une rencontre autour de l'environnement. Je me rapproche du lieu de rendez-vous avec le train circulaire. L'occasion de retrouver ce moyen de transport local qui fait le tour de Yangon en trois heures et contente bon nombre d'habitants.

 

 

En chemin, je découvre des habitations qui ressemblent plus à des abris faits de tôles, juste à proximité de la ligne de chemin de fer. Des logements de misère qui me font dire qu'il y a encore beaucoup d'efforts à faire pour que la pauvreté disparaisse de Birmanie. Je vais aussi être mis en appétit sur l'environnement. J'observe des tas de détritus à même le sol qui sont en train de brûler. Et juste à côté, du linge qui sèche par terre. Triste spectacle.

 

Je suis en avance à l'institut français de Birmanie et vais dans un resto moderne, la Bakery house, où je commande un plat thaïlandais. L'établissement porte le nom d'une boulangerie, mais on y sert plutôt des plats internationaux. A l'IFB, je retrouve mon amie birmane. On échange autour de mon long périple en Birmanie. Elle me parle de ses projets, notamment celui de venir étudier en France cet hiver. La rencontre autour de l'environnement n'a rien d'extraordinaire. Il y a trois ou quatre stands dont un où j'achèterai du thé vert bio. On va manger un bout et on promet de se revoir demain pour une visite du centre ville avant de se rendre à un meeting d'Aung San Su Syi.

 

Dimanche 1er novembre : Une journée remplie d'émotion

 

Quand l'amie birmane me donne rendez-vous, elle est toujours en avance. On avait dit 9 h 45 et elle s'est pointée à 9 h 20 à la guesthouse alors que je faisais un tour en ville. A la guesthouse, on apprend qu'il y a un départ collectif à midi pour se rendre au meeting de The Lady. En attendant, on se balade dans le centre de Yangon, au temple indien Sri Kali, puis sur le marché Theingyi Zei où les odeurs d'épices me montent au nez. J'y achèterai d'ailleurs du gros poivre noir.

 

On va ensuite manger dans un resto Arakanais Yar Maung Dar, à l'angle de la 29e rue et de Merchant Street. On y mangera très bien pour 2 500 k. Peu avant midi, on rejoint d'autres touristes à la guesthouse. En fait, à 13 heures, on peut se joindre au cortège où un véhicule se propose de nous emmener jusqu'au lieu du meeting. Pour les supporters d'ASSK, c'est un honneur que des étrangers viennent assister au meeting. Pour moi aussi, ça l'est car c'est la première fois que vais pouvoir voir l'icône de Birmanie en vrai.

 

Une fois arrivé sur place, c'est l'émotion que me gagne. D'être entouré de ces milliers de personnes vêtues de rouge, au visage grimé du logo de la NLD avec ce paon symbole de démocratie et de liberté. Les drapeaux s'agitent, le public est de plus en plus enthousiaste, la foule est compacte. Il y a plusieurs dizaines de milliers de personnes. A un moment donné, on nous demande de nous asseoir à même le sol. Des stars birmanes montent sur scène et sont acclamées par les supporters de la NLD.

 

La Lady se fait désirer, déjà une heure de retard. Puis un mouvement de foule, des cris, des drapeaux qui s'agitent, des " Daw Su " "Daw Su " à répétition. C'est elle, elle arrive à bord d'une voiture et salue la foule, avant de monter sur scène dans une ambiance électrique. ASSK demande le calme, le public obtempère et s'assoit sagement et écoute les discours. Mon accompagnatrice m'a promis de m'envoyer le discours traduit d'ASSK.

 

On repartira vers 17 h 30 dans la cohue générale, les uns sur les autres. ça se bouscule, je crains la bousculade et l'accident. Il faut près de 20 minutes avant que je me libère de la foule. Dans ce mouvement de panique, mon amie birmane a perdu ses tongs. Néanmoins, elle garde le sourire. On a également perdu la voiture qui devait nous ramener. Elle est apparemment déjà partie. Et il ne faut pas compter trouver un taxi ici car ils sont tous pleins, déjà réservés par les supporters qui sont venus avec.

Il va nous falloir marcher un long moment avant d'atteindre un axe fréquenté. Là encore, tous les véhicules reviennent bondés du meeting. Par chance, on tombe sur un chauffeur de taxi venu seul au meeting et qui accepte de nous ramener. Ouf !

Le soir, je mangerai du porc au miel avec du riz dans un resto proche de la guesthouse. J'en ai oublié le nom, mais que c'était bon.

En solo avec les Palaungs, avec la foule pour The Lady
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roger 25/09/2016 08:38

Merci. Excellent blog

circuit luxe vietnam 24/08/2016 08:11

Cet article est très authentique. Merci bien pour ce partage, ca me motive à découvrir ce mystère pays. Bonne continuation !!!

Chaw Su Zin 28/06/2016 08:32

Oui, Oui
J'ai perdu mes tongs! :D

Christophe 28/06/2016 08:39

hee hee mais c'est Jue Jue qui a laissé ses tongs à ASSK en souvenir ;)

pascal CHEDEVILLE 21/06/2016 16:46

Bonjour, j'aime beaucoup ce que vous faite à très bientôt
Pascal
http://www.gite-giverny.com
ulmnormandie@gmail.com

scelia 25/05/2016 13:46

c'est extraordinaire ton récit de voyage j'adore
je suis en contact avec toi sur le routard pour un guide à Rangoon
est ce que tu peux me donner le nom de cette jeune femme dont tu m'as parlé
merci beaucoup

Christophe 25/05/2016 14:46

Bonjour
C'est Jue Jue j'ai envoyé son mail en privé via le forum du routard,
Christophe

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