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Le blog de Christophe

Le blog de Christophe

Récit de dix voyages en Birmanie (Myanmar)


Lac Inle-Khamti : la galère des transports

Publié par Christophe sur 23 Février 2017, 14:59pm

Minibus et bateau au programme de mon parcours entre le lac Inle et Khamti, le long de la rivière Chindwin... et bien des galères en route. Ce qui fait aussi le charme des voyages.

Mardi 10 janvier : Bus raté !

 

Le petit déjeuner à la Green Valley Inn est très correct. Pour 8 heures, je suis prêt et le minibus se pointe à 8 h 20. Je suis confortablement installé, mais à refaire, je modifierai mes plans. C'est une pure perte de temps par rapport aux bus VIP de nuit. 

D'abord, il faut aller chercher les touristes un par un dans les guesthouses, avant de faire le plein de marchandises sur le toit. Bref, après 7 ou 8 arrêts, on se retrouve à la station des minibus pour vérifier qu'on n'a rien oublié. Retour à la case départ. Plutôt que de partir à 8 h 30, on prend la route finalement à 9 h 30.

En route, le chauffeur décharge les sacs de marchandises, puis arrêt repas à Aungban... Je trouve le temps long d'autant plus qu'à Mandalay, il faut encore que je change de transport pour rejoindre Monywa. La circulation est dense dans la deuxième ville du pays et il faut encore déposer les autres passagers dans leurs différents hôtels. L'heure tourne.

Je suis le dernier à bord du minibus et le chauffeur décharge encore des sacs. Il me dépose à la station de bus pour Monywa vers 17 h 30. Et là grand moment de solitude, il n'y a plus aucun bus en partance pour ma destination, il faut attendre 5 heures du matin. Me voilà bien avec ma réservation d'hôtel à Monywa. Les motos-taxis ne comprennent pas l'Anglais et me voilà dans un quartier paumé avec mes bagages et sans chambre où dormir. 

Ouf une moto se pointe et le chauffeur me propose de m'emmener sur la route de Monywa où il y a encore apparemment des minibus. Je commençais à désespérer. Après quelques instants d'attente, je trouve mon bonheur vers 18 h 30. 3 000 k le trajet en minibus avec une place à côté du chauffeur. Je respire.

Mais il était écrit que cette journée serait semé d'embûches. Arrivé à Monywa, le chauffeur veut me déposer à un rond point, prétextant qu'il ne connaît pas l'hôtel Ba Taung que j'ai réservé, ni les autres passagers d'ailleurs. Il s'arrête à proximité de motos-taxis qui lui indiquent le chemin de l'hôtel, mais il refuse de m'y emmener. Je pique une colère et me voilà parti à pied. Finalement, une moto m'emmène jusqu'à l'établissement et valait mieux car ce n'était pas la porte d'à côté.

Epuisé par le voyage, je me retrouve dans un établissement plus que correct pour le prix (20 dollars). L'hôtel est tout neuf, dommage que le matelas du lit soit déjà en mauvais état.

Mercredi 11 janvier : Arrêt forcé du bateau

 

Le buffet de l'hôtel est pas mal du tout. J'y croise quatre touristes en partance pour Bagan et Pakkoku. L'hôtel est assez excentré et j'avais demandé à la réception de me réserver le bateau jusqu'à Mawlaik. Malgré deux appels tardifs la veille au soir dans ma chambre pour me demander des précisions sur mon trajet, personne n'a eu l'idée de me prendre un billet. 

Tant pis je vais me débrouiller seul et dégoter un billet à 27 000 k pour un départ le même jour à 13 heures. J'aurai droit à deux places et non plus la cabine comme la dernière fois. Le bateau part à l'heure sous un soleil de plomb. ça change de la pluie que j'avais connue au cours de mon dernier périple sur la rivière Chindwin. En revanche, en fin d'après-midi, c'est le froid que je vais ressentir.

 

Les paysages le long de la rivière sont toujours aussi magnifiques. Les villages ont l'air paisible avec les quelques pêcheurs et les femmes qui lavent le linge dans la rivière. Et il y a tous ces arrêts dans des villages perdus entre la rivière et les montagnes... et toutes ces vendeuses de nourriture qui se précipitent sur le bateau.

 

Le voyage commence plutôt bien et je me dis que je serai dans les temps pour rejoindre Khamti où un ami m'attend le 14 janvier matin. Mais je vais vite déchanter. Je ne verrai pas Mawlaik aussi vite que prévu. La faute à la brume qui a envahi la rivière à la nuit tombée et qui empêche une navigation en toute sécurité. Des passagers descendent pour aller je ne sais où, d'autres s'apprêtent manger ou s'installent pour dormir. J'ai compris, on ne repartira pas de si tôt. 

 

Je n'ai plus qu'à dormir dans le bateau en attendant que le jour se lève et surtout la brume. Une nuit pas confortable du tout, il faut bien le reconnaître. Et parfois glaciale.

 

Jeudi 12 janvier : Homalin attendra une journée de plus

 

Le jour n'est pas encore levé et le bateau redémarre. Les premières vendeuses font leur apparition avec toujours le même spectacle. Des plateaux de marchandises sur la tête avec cuisses de poulet, sachets de riz, graines de tournesol, fruits, bouteilles d'eau, gâteaux... Le voyageur ne manque de rien. Juste dommage que les Birmans jettent tous les emballages dans la rivière.

 

L'heure avance et je ne vois toujours par Mawlaik. En face de moi, un petit garçon me fait des misères en me jetant tout ce qu'il trouve sous la main. Les parents s'en amusent, jusqu'au moment où je m'énerve. Je ne suis déjà pas très confortablement installé, si en plus je sers de poubelle ça ne le fait pas.

 

Pour me changer les idées, je vais faire un petit tour dans les toilettes au fond du bateau. Toujours aussi folklorique avec ce toit d'où dépasse ma tête. ça fait sourire les Birmans.

 

Finalement on atteint Mawlaik en début d'après-midi. Le personnel de bord me prie de descendre, mais comme je ne suis pas en avance sur mon programme, je demande à poursuivre jusqu'à Homalin. Ne comprenant pas tout à mon Anglais, on ne me fera pas payer le billet jusqu'à cette prochaine destination. Alors que normalement ça coûte 16 000 k supplémentaires... pour un étranger. Evidemment, je ne bronche pas.

 

Les paysages de montagne sont de plus en plus spectaculaires. On approche du territoire des Nagas. La nuit commence à tomber et je me dis que j'ai tout intérêt à voir Homalin avant 5 heures du matin, sinon je serai bon pour rater mon bateau et y passer la nuit.

 

Aucune chance car comme la veille, la brume est dense et le bateau est contraint de s'arrêter pour la nuit. Et pas d'autre choix que de dormir à l'intérieur car cette fois il n'y a aucune guesthouse dans le village où nous avons accosté. Malgré la brume, j'assisterai à un bien beau coucher de soleil sur la rivière. Et pour ce qui est de la nourriture, aucun souci, il y a toujours des vendeuses de poulet... sorties de je ne sais où.

 

Vendredi 13 janvier : En panne en pleine forêt

 

Oui c'est le troisième jour sans me laver et ce n'est peut-être pas fini. Ce matin, il fait très froid et j'ai ressorti un autre pull et des chaussettes. Les Birmans sont enroulés sous des couettes et portent tous d'énormes bonnets. Je pense qu'ils doivent avoir plus froid que moi.

 

Le bateau part vers 5 h 30. Le brouillard est épais et je me demande comment fait le capitaine pour y voir quelque chose et se frayer un chemin. D'autant plus qu'à certains endroits, il n'y a pas de fond et certains bateaux se retrouvent bloqués dans le sable. Je ne fais pas trop le fier car au cours du dernier voyage sur cette rivière, c'est ce qui est arrivé et les passagers étaient même descendus de l'embarcation pour pousser. Bon on y a échappé.

 

On s'arrête dans de nombreux villages déposer les derniers voyageurs. Dans des villages improbables où ne subsistent qu'une ou deux maisons en pleine forêt.

 

On atteint Homalin vers 11 heures et comme je m'y attendais il n'y a plus d'autre bateau à destination de Khamti. Il faut que j'attende jusqu'à demain 5 heures, ce qui ne m'emballe guère. D'autant plus que je suis attendu à Khamti pour rejoindre Lahe au plus vite.

Coup de chance, on m'annonce qu'à 18 heures, un minibus est prévu pour Khamti et qu'il sera à destination au petit matin. Moi qui croyais qu'il n'y avait aucune route dans le secteur, je m'étais trompé.

Seul problème, on me fait payer le prix fort : 50 000 k pour les places à côté du chauffeur. Aucun moyen de négocier, c'est le tarif pour les étrangers. J'apprendrai plus tard que je suis le premier étranger à monter dans un minibus ici ! Je comprends mieux pourquoi mon passeport a été retourné dans tous les sens et que les photocopies de mon visa ne suffisaient pas.

Je passe un moment à me balader dans Homalin. ça fait du bien après les courbatures survenues suite à ces deux jours recroquevillés dans le bateau. 

A 18 heures, nous voilà partis. L'aventure en minibus va très vite tourner au cauchemar. Je suis assez bien installé à l'avant, mais ça ne va pas durer. La route est dans un état déplorable et le minibus fonce sans se soucier des trous.

 

On traverse une forêt dense qui longe la rivière Chindwin. Dans les virages, je suis basculé à droite à gauche. Il ne faudra pas trop compter dormir cette nuit. Le chauffeur roule avec la vitre grande ouverte et ça caille. Mais ça permet aussi d'entendre les bruits de la forêt dont ces oiseaux nocturnes qui poussent des cris aigus très surprenants et à répétition. ça ressemble étrangement à des perroquets, mais la nuit tombe et je ne pourrai pas les apercevoir. Ni savoir exactement qui fait ce bruit car dans le minibus, il n'y a qu'un seul passager qui parle deux ou trois mots d'Anglais.

On traverse des petits villages loin de tout, où il n'y a que 5 ou 6 maisons en bois. Le bois justement doit être la seule ressource dans le coin. Dans la pénombre, la forêt est gigantesque, plus encore avec la pleine lune en fond. Elle éclaire de manière naturelle les arbres qui semblent immenses. 

J'imagine que la faune doit être dense dans ce secteur. J'ai vu une exposition avec des photos récentes qui montrent des tigres, des léopards, des macaques et d'autres espèces rares.

On s'arrête manger dans un petit restaurant isolé. J'ai le droit à un curry poulet à 2 000 k. Ici, seuls les rares passagers des minibus doivent servir de clients.

La suite du trajet va se compliquer. Le minibus se prend une pierre qui casse le mécanisme et c'est l'arrêt obligatoire. Suivront de longues minutes au téléphone entre le chauffeur et son responsable qui lui promet un véhicule de remplacement dans deux heures. Sachant que le prochain village est très éloigné, le chauffeur se transforme en mécanicien. Mais impossible de réparer l'engin.

Voilà que les passagers font un feu sur cette route où il doit y avoir un véhicule qui passe par heure. Et peut-être deux ou trois la nuit. Le seul passager parlant un peu l'Anglais m'explique qu'on en a pour plusieurs heures d'attente. Le froid gagne du terrain. Je commence à douter sérieusement de mon arrivée avant 10 heures à Khamti.

 

On est tous regroupés autour du feu. Un passager me fait croire qu'il y a des éléphants et des tigres dans les parages. Je m'en amuse mais ne suis pas pour autant rassuré. Le chauffeur revient vers nous dépité. Le véhicule est hors service et il nous fait comprendre qu'il vaut mieux regagner le minibus pour aller dormir.

Un passager me dit que nous ne sommes qu'à deux ou trois heures de Khamti. L'heure tourne... minuit... une heure... deux heures... Le chauffeur continue de travailler sous le véhicule. D'un coup je sursaute. Il a réussi à redémarrer l'engin. Ouf, me voilà soulagé. Mais pas pour longtemps. Trente minutes plus tard, le véhicule s'arrête net. Désabusé, le chauffeur préfère s'endormir. Il est 4 h 30. Je peux faire une croix sur Lahe aujourd'hui.

Samedi 14 janvier : Attention à la chute !

 

Il est 6 heures du matin. Je dors. Nouveau sursaut. Un homme frappe au carreau alors que tout le monde est assoupi. C'est un collègue du chauffeur qui arrive avec un autre véhicule vide de passagers. On change de minibus et c'est reparti.

Le jour se lève et la route est toujours dans un aussi triste état. Mais que cette forêt est belle. A côté, je me sens tout petit. Je retrouve le sourire lorsque vers 8 h 15, je perçois les premières habitations de Khamti. Que de péripéties pour arriver jusque là.

J'appelle mon ami Ko Min pour l'avertir de mon arrivée. On se donne rendez-vous dans un tea-shop, sauf que l'on ne s'attendait pas au même endroit. Finalement, on se retrouve peu après 10 heures. Il n'a pas l'air pressé de partir pour Lahe. Il me présente à ses amis, puis m'emmène dans un monastère où un festin nous attend. Encore un curry avec des tas de plats, des patates et du porc à tomber par terre.

 

Vers 13 heures, on quitte Khamti à moto. Des moines et de jeunes chauffeurs nous accompagnent. L'un d'eux se chargera de mon grand bagage. Nous partons en convoi à six motos.

La route est toujours aussi désastreuse et ça secoue à l'arrière de l'engin. On chutera même dans un virage. Heureusement sans gravité car on roulait au pas. Les montées et les descentes se succèdent avec des paysages de montagnes grandioses. Et des villages Nagas tout aussi ravissants. 

 

On s'arrête dans l'un d'eux où je m'amuse à regarder les enfants jouer avec un petit véhicule en bois fait à la main. Ici, les jouets, on se les fabrique soi-même. La région semble très pauvre, peut-être plus encore que l'état Chin. 

 

Mon excellent chauffeur Ko Min m'arrêtera aussi à hauteur de quelques points de vue, mais le soleil ne permet pas d'admirer au mieux les montagnes. 

 

Après 4 h 30 de route et quelques frayeurs, on arrive à Lahe. La nuit tombe et le froid se fait sérieusement ressentir. On va directement à la guesthouse que mon ami birman m'avait réservé. Devant l'établissement, il y a une petite table avec des agents de l'immigration qui ne me posent aucun problème. Ils veulent juste savoir quand je quitte Lahe.

Mon ami préfère aller dormir dans un monastère, m'expliquant que là bas c'est gratuit. Mais c'est interdit d'y dormir pour les étrangers. Quant à ma chambre, c'est très certainement la plus inconfortable que j'ai connue après plusieurs voyages en Birmanie.

 

Une planche pour dormir, une seule couverture et des murs en bois qui laissent passer la lumière du jour et naturellement le froid. Autant dire que la nuit sera bien fraîche.

On fait un tour sur la place centrale de Lahe où se tiendra le festival du nouvel an Nagas. Des marchands ont déjà installé leurs étals. Ce soir, il y a uniquement des concerts avec les chanteurs à la mode en Birmanie. Pour du traditionnel et en prendre plein les yeux, il faudra attendre demain.

Ko Min propose que j'aille me laver au monastère. Ce que je ferai. Enfin, le minimum car on se lave à l'extérieur avec de l'eau froide bien sûr. Et alors qu'il fait un froid de canard.

Après un repas de curry poulet dans un resto Naga, je vais me coucher avec toujours cette sensation de froid. Demain, le grand spectacle commencera... 

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Evelyne 23/10/2017 13:53

Merci de nous offrir la découverte du pays naga et de ce splendide festival. Vraiment envie d'y monter cet hiver pour y assister. Pensez-vous qu'il est possible de louer une jeep, pick-up... enfin un autre véhicule qu'une moto pour accéder de Khamti à Lahe ???

Christophe 25/10/2017 04:39

Bonjour
oui ça doit être possible, mais il va falloir passer par une agence. Par ailleurs, cet hiver le festival n'a pas lieu à Lahe, mais dans un village encore plus compliqué d'accès. Donc je ne garantis rien sur les conditions d'accès.
Christophe

Angelilie 03/03/2017 18:27

beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une découverte et un enchantement. au plaisir

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