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Le blog de Christophe

Le blog de Christophe

Récit de dix voyages en Birmanie (Myanmar)


L'état Shan sous toutes ses splendeurs (septembre 2010)

Publié le 5 Février 2011, 16:56pm

Récit d'un cinquième voyage en Birmanie, du 29 août au 30 septembre 2010, avec un retour dans l'état Shan de Hsipaw à Kalaw, en passant par Kyaukme, Pyin U Lwin, Pindaya... Les populations Pa'o, Danu, Taung'Yo, Palaung m'attendent. Un festival de couleurs aussi bien dans les villages de montagne que sur les marchés.

 

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DIMANCHE 29 AOUT : ARRIVEE A YANGON

 

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Suis arrivé quatre jours plus tôt à Bangkok avec la compagnie Oman Air, qui pour le prix (520 euros) est tout à fait correcte. Un peu de repos au bord de la piscine de l'Atlanta Guesthouse, avant le départ pour Yangon avec Air Asia, pour un prix défiant toute concurrence 50 euros l'aller-retour.

A l'aéroport de Yangon, je suis un des derniers à bénéficier du visa sur place. Cette démarche n'étant plus possible à partir du 1er septembre, en raison sûrement de l'approche des élections, prévues le 7 novembre. L'obtention du visa se fera rapidement, sachant que personne ne vérifiera mon billet retour et ne remarquera donc que mon séjour dépasse les 28 jours autorisés sur le visa.

Je ne perds pas une seconde et file en taxi au Summit Parkview Hotel, dont j'avais réservé une chambre via le site (Hotel Travel.com). Je bénéficie d'une chambre avec vue sur Shwedagon pour 32 $ alors que normalement, la chambre se négocie à 60-65 $ sur place. J'aurai droit à un immense buffet au ptit déj et à la piscine. Un petit luxe dont je ne me prive pas avant de rejoindre des lieux où le confort sera bien plus spartiate.

Le soir, sous une pluie fine, je rejoins le centre de la ville, à proximité de Sule Pagoda, afin de changer de l'argent. Plutôt que de risquer une arnaque en changeant dans la rue, je vais dans une petite guesthouse, la Mahabandoola, où j'obtiendrai 1 200 kyats pour 1 euro. Je n'avais pas trop le choix du fait que le Bogyoke Market était fermé. 

 

LUNDI 30 AOUT : A LA PECHE AUX INFOS

Ce matin, réveil un peu tardif, et pour cause, j'étais encore à l'heure thaïlandaise. Pas grave, je ne suis pas à       30 minutes près. Après quelques longueurs à la piscine, où je suis seul, direction la MTT (Myanmar Travels et           Tours) pour connaître les régions ouvertes ou non aux touristes. Pour Putao et Loikaw, c'est encore raté, ce n'est pas encore autorisé aux touristes individuels. Il y a bien une possibilité avec un package tour, mais on m'annonce des prix avoisinant les 500 dollars pour 3 jours sur place. J'abandonne, mais on me signalera plus tard que des vols sont possibles pour le sud du pays, que je ne connais pas. Tentant...

Petite balade dans les ruelles de la ville, sur les marchés animés où les odeurs de poissons, viandes, fruits et         épices s'entremêlent. Il fait lourd et pour me désaltérer, je profite du quartier musulman pour déguster un excellent lassi.

Je me rends à l'agence Sun Fare, située au rez-de-chaussée de la tour Sakura, pour réserver un billet d'avion. C'est décidé, je veux revoir Mandalay et les petites villes de montagne de l'état Shan. Prix du billet Yangon-Mandalay 72 $.

 

MARDI 31 AOUT : UNE JOURNEE A SHWEDAGON

 

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Aujourd'hui, je décide de (re)visiter la pagode Shwedagon, le site bouddhique le plus sacré du pays. On peut y passer des heures, tellement le site est tranquille et d'une beauté incomparable. J'achèterai le ticket (5 dollars) le matin et il me servira à deux reprises, puisque j'y retournerai en fin de journée. 

L'occasion d'admirer ce sanctuaire sous différentes lumières selon les heures de la journée. Le soir, elle est éblouissante lorsque les lumières apparaissent. Je la contemplerai aussi au moment d'un orage, les couleurs rouges  qui suivront la mettent encore plus en valeur. De part et d'autre du site, des Birmans, des moines prient, méditent. C'est aussi l'endroit idéal pour converser avec les moines.

 

MERCREDI 1ER SEPTEMBRE : DEPART POUR MANDALAY

Je profite une dernière fois de la piscine durant la matinée, puis je prends un taxi pour l'aéroport (5000 k). L'avion d'Air Bagan décolle à 15 heures. Arrivée 1 h 25 plus tard à Mandalay, où un service de taxi collectif a été mis récemment en place et permet de rejoindre la ville à 40 km de là pour 4 000 k. On m'arrête à la Royal Guesthouse qui affiche complet, puis je me replie vers la ET Guesthouse, où pour 10 dollars, je récupère une chambre correcte.

Petit tour dans la ville pour me rendre compte qu'elle est toujours aussi bruyante qu'avant. J'essaie de me repérer au milieu du trafic assez dense. Le soir, ce sera un bon repas shan au Lashio Lai Restaurant, tout proche de ma guesthouse.

 

JEUDI 2 SEPTEMBRE : DE MINGUN A SAGAING

 

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Je refuse les sollicitations des conducteurs de tuk tuk et décide de me rendre par mes propres moyens à Mingun. Je pars à pied en direction de l'embarcadère qui s'avérera plus éloigné que je ne pensais. Mais j'arrive dans les temps pour monter à bord. Le prix 5 000 k l'aller-retour, je suis en compagnie de 4-5 touristes. Au guichet, on m'annonce que c'est ensuite impossible de rejoindre Sagaing par la route, à cause des inondations. Je me rendrai compte plus tard que c'est possible.

Arrivée à Mingun, je paie le ticket d'entrée (3 $) et visite la pagode. A son sommet, une jouit d'une très belle vue sur les alentours. Attention, il y a quelques éboulements sur le site et il faut faire preuve de vigilance. Visite ensuite des pagodes aux alentours et de la cloche de Mingun avant de m'enfoncer à l'intérieur du village, où les stands pour touristes ont disparu. Je me perds dans les petites ruelles très calme et je m'approche du fleuve où c'est l'heure de la toilette. Par cette forte chaleur, ils ont bien de la chance d'être dans l'eau.

Je retourne au pied de la Paya Mingun où un chauffeur de moto accepte de me conduire jusqu'à Sagaing, à moins d'une heure de route, pour 5 000 k. En fait, la route est praticable et je ne regrette pas le déplacement, car le site est bien plus agréable que Mingun, avec des centaines de pagodes qui surplombent la rivière, le tout dans une végétation resplendissante.

Une petite ascension de la montagne, avec une bonne suée en prime, car ça grimpe fort. De là-haut, la vue est magnifique. Je passe un bon moment sur place avant de croiser un touriste italien qui me propose de profiter de son trishaw pour retourner sur Mandalay.

De retour en ville, je trouve enfin un poste internet où Hotmail fonctionne, puis vais prendre un lassi au Nylon Cold Drink Shop, endroit bien connu des touristes pour ses boissons fraîches. 

VENDREDI 3 SEPTEMBRE : EN ROUTE VERS PYIN U LWIN


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Je sors de l'hôtel de bonne heure et en voyant déjà l'agitation dans la rue, ça me donne envie de partir vers des lieux plus paisibles. A la guesthouse, je trouve un taxi qui m'emmènera pour 7 000 k à Pyin U Lwin. Pas un minute à perdre, le taxi arrive dans moins d'une heure.

Après deux heures de route, et un arrêt en plein coeur des montagnes pour déposer deux Birmanes, arrivée à Pyin U Lwin. Le taxi m'arrête au Grace Hotel 1, un endroit très calme en périphérie de la ville (chambre 10 $). A peine le temps d'ouvrir mon sac, je me dirige vers la ville, qui n'a pas beaucoup changé depuis ma première visite en 2004. Les diligences colorées sont toujours là, la grande mosquée aussi et les visages typés des Népalais, Pakistanais, Indiens, Bangladeshis sont vite reconnaissables.

Je vais arpenter les rues de la ville et passer pas mal de temps au marché où les fruits et légumes débordent de partout. La région est réputée pour ses cultures. Pour ma part, j'y ai achèterai du café bio, une des spécialités locales. Le soir, repas au marché de nuit où il y a l'embarras du choix, les stands de barbecue investissant toute une rue. A chaque fois, on y mange pour une poignée de kyats. C'est bien pratique car les restos ne courent pas les rues ici. Une journée durant laquelle je n'aurai croisé aucun touriste.

 

SAMEDI 4 SEPTEMBRE : A MOTO DANS LES ENVIRONS DE PYIN U LWIN


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La nuit n'a pas été si calme que je ne l'imaginais au Grace Hotel. Quant au petit déjeuner, c'est le strict minimum. La veille, j'avais fait la connaissance d'un guide à moto, au nom de Soso, qui viendra me chercher à 8 h 30. C'est parti pour une balade qui durera jusqu'à 16 heures (journée négociée à 10 $). Visite de deux cascades et d'une grotte assez étendue qui abrite petites pagodes et Bouddhas. Arrêt aussi dans quelques villages shans, où en majorité la population travaille la terre et semble au-dessus de la moyenne socialement.

J'observerai pas mal de femmes travaillant dans les champs et les rizières, d'autres écossant des haricots ou lavant de gros radis blancs. Bref, c'est très champêtre... 

Le midi, repas avec Soso durant lequel j'aurai droit aux questions habituelles, et parfois gênantes : <Combien gagnez-vous en France ?>, <Avez-vous droit de voyager partout dans votre pays ?>... 

Retour à Pyin U Lwin avec la visite du marché shan, d'un joli temple chinois et d'une ancienne demeure britannique, datant de 1904, transformée en hôtel (Le Candagraig) dont la chambre coûte 35 $.

Le soir, retour au marché de nuit où je suis toujours l'attraction. Il faut dire qu'ici, il n'y a pas l'ombre d'un touriste, septembre étant aussi la basse saison.

 

DIMANCHE 5 SEPTEMBRE : EN TRAIN JUSQU'A HSIPAW

 

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Achat du billet en gare (3 $), avec un départ à 8 h 45. Je me retrouve dans un compartiment ordinaire en compagnie de militaires, dont certains ont bien forcé sur l'alcool. J'arrive vers 15 heures vers Hsipaw après un voyage fort agréable, avec des paysages fabuleux et le passage du viaduc de Gokteik. Le spectacle aussi dans le train avec les vendeuses portant des paniers toujours aussi encombrants, mais qui parviennent à se faufiler dans les allées. 

Quant aux passagers locaux, ils ont pour habitude d'offrir une partie de leur nourriture. N'ayant pas pour habitude de refuser, cela m'a valu quelques surprises au niveau gustatif.

A peine arrivé en gare de Hsipaw, un homme se présente à moi et veut m'emmener à la Mr Charles Guesthouse, ça tombe bien, c'est là que je voulais aller. La chambre à 10 $ n'est pas vilaine.

J'ai encore un peu de temps devant moi et vais visiter la Mahamyatmuni Pagoda, puis me rends en dehors de la ville vers le Sunset View, pour profiter d'une belle vue d'ensemble. 45 minutes de grimpette en compagnie des sportifs du dimanche. Je repartirai à la nuit tombée.

 

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LUNDI 6 SEPTEMBRE : SOUS LA CHALEUR DE HSIPAW


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Réveil très matinal en raison des chants des enfants du monastère voisin. Avant même 8 heures, il fait déjà très chaud et lorsque je me rends au marché, il est à moitié endormi. En fait, l'idéal est de s'y rendre vers 5-6 heures du matin. 

Je pars m'abriter dans un monastère qui n'abrite que des femmes, les tenues roses étant omniprésentes. Je suis cordialement invité à assiter à une cérémonie. Puis on m'emmènera dans la cantine des enfants, qui sont très calmes malgré ma présence et mon appareil photo. 

Dans l'après-midi, je pars en direction du nord de la ville avec pour commencer le palais Shan, fermé aux visiteurs, puis le Little Bagan et la pagode en bois. Traversée de chemins de campagne, de petites pagodes très anciennes un peu partout. Une balade très agréable malgré la chaleur à la limite du supportable.

Je reviens sur mes pas et direction le centre, à proximité du marché, où je croise une femme Lisu, reconnaissable à son chignon et à sa tenue bleue. Une rencontre curieuse car à ma connaissance, ce n'est pas trop sa région. Un peu plus loin, c'est une femme Palaung avec une tenue rouge à rayure et une grosse ceinture autour de la taille, qui me rappelle les minorités ethniques de Kengtung. Je parviendrai à converser avec un de ses proches, mais n'arriverai pas à les suivre jusqu'à leur village.

 

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 MARDI 7 SEPTEMBRE : DANS LA CAMPAGNE AUTOUR DE HSIPAW

 

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Ce matin, je me balade en direction de la pagode Mahamyatmuni pour rejoindre les villages shans. Je vais traverser plusieurs villages charmants, dans un cadre bucolique. En chemin, je croise nombre d'habitants, dommage qu'il y ait cette barrière de la langue. Mais avec le langage des signes, ils parviennent au moins à m'indiquer le chemin.

Devant les maisons, le maïs sèche, les femmes coupent la canne à sucre tandis que les hommes surveillent les boeufs. Je suis au beau milieu des rizières, entouré par les montagnes. Des montagnes tentantes car elles doivent abriter des villages typiques, mais la chaleur me fait renoncer à entamer une ascension. 

Après avoir longé la ligne de chemin de fer, où je croise encore quelques locaux qui doivent se demander si je ne suis pas tombé du train, j'arrive sur la grande route qui mène à Mandalay. Je reprendrai le chemin en sens inverse pour regagner Hsipaw. 

 

MERCREDI 8 SEPTEMBRE : HORS DES SENTIERS BATTUS DU COTE DE KYAUKME


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Je prends le train de 10 heures pour rejoindre Kyaukme (1 $). Le train n'affiche pas complet alors je m'installe dans n'importe quel wagon à la grande stupéfaction du contrôleur qui finalement ne me réprimandera pas. Après une heure de trajet, j'arrive à destination et fais une rencontre pour le moins curieuse. Je croise une vieille dame avec une toile d'araignée comme tatouage sur le visage. Nul doute, c'est une femme originaire de l'état Chin, à l'ouest du pays. Avec mon imposant sac à l'épaule, je ne parviendrai pas à capter cet instant avec mon appareil photo.

Une moto va m'emmener à la guesthouse A Yone OO, une des rares à accueillir des touristes dans la ville. Le coin n'est pas si perdu puisque quatre touristes y étaient hébergés. Petit tour dans la ville, composée de deux grandes avenues, l'ensemble paraît très calme et propre. La population se compose en majorité de musulmans et je croise aussi quelques femmes Palaungs dans leurs plus belles tenues. 

Je grimpe jusqu'à un monastère où je jouis d'une belle vue sur la ville et les montagnes alentours. Puis j'entame la conversation avec un moine qui me fait visiter les lieux, avant de déguster plusieurs tasses de thé (ici, le thé vert est réputé pour être un des meilleurs du pays). Pendant ce temps, les femmes préparent le repas pour les 200 personnes vivant dans le monastère.

 

JEUDI 9 ET VENDREDI 10 SEPTEMBRE : TREK DANS LES VILLAGES PALAUNGS


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Pas de bol, ce matin, il tombe une pluie fine lorsque mon guide Joy arrive avec la moto. Moto qui nous permettra d'aller jusqu'au pied de la montagne avant de commencer l'ascension, à travers les plantations de thé et les rizières. Les paysages sont chouettes et le soleil refait son apparition entre deux averses.

Nous ferons deux haltes dans des villages Palaungs où les femmes les plus âgées portent la tenue traditionnelle. Elles ont des points en commun avec les Palaungs vivant dans les montagnes proches de Kengtung, notamment au niveau de la coloration des dents (noires ou rouges). L'accueil y est chaleureux et je constaterai très vite qu'elles ne sont pas encore habituées au passage des touristes. Nous déjeunerons dans une famille Palaung, des noddles achetées en ville.

Puis nous visiterons une école shan où de très jeunes enfants apprennent l'anglais écrit sur un tableau, du moins récitent par coeur. Nous poursuivons le périple avec deux villages shans où la population vit principalement de la culture du thé vert. On m'annonce les tarifs : 1 kilo se vend 4000 kyats ; il est revendu 7 000 k à Mandalay et bien plus encore à l'étranger...

Vers 16 h 30, nous atteignons le village shan où nous passerons la nuit. Nous sommes accueillis dans une grande maison tenue par une famille qui apparemment côtoie régulièrement les touristes de passage. La discussion avec les propriétaires tournera autour du thé, pour dire qu'il est le meilleur de Birmanie. 

La nuit, je la passerai à l'étage, à même le sol, à proximité d'un Bouddha illuminé. On fait mieux pour s'endormir... Bref, je serai réveillé tôt, d'abord par les aboiements des chiens, les pleurs des enfants, un homme coupant le bois... Oui ici, la grasse matinée, on connaît pas.

Après un passage rapide sous la douche locale à l'extérieur, et vraiment pas conçue pour les grands (comme les toilettes d'ailleurs), on repart sous la pluie vers des villages shans. On ira jusqu'à un monastère perché dans les montagnes pour bénéficier d'une vue soi-disant époustouflante, mais les nuages ont pris le dessus. C'est dans la gadoue que l'on poursuivra le chemin à travers des villages shans et regagnerons Kyaukme dans un tuk tuk collectif.

 

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SAMEDI 11 SEPTEMBRE : UN REPOS BIEN MERITE A KYAUKME

 

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Une petite journée tranquille pour se remettre après le trek. Le plus dur n'étant pas les ascensions, mais plutôt la pluie qui avait accompagné le parcours. 

Sur le marché, ce n'est pas l'euphorie. Pas mal de boutiques sont fermées en raison d'une fête musulmane. Une vendeuse de légumes et d'épices engage la conversation (en anglais) et ne peut s'empêcher de m'offrir un sac de piments. A proximité d'une mosquée, je fais la connaissance d'une personne qui m'invite dans sa demeure. La conversation tourne vite sur la situation dans son pays et l'approche des élections (le 7 novembre) qui, pour lui, <ne serviront absolument à rien>. Il me demande de faire passer le message suivant : <Dîtes-le aux gens de votre pays que nous n'avons pas le droit de nous exprimer, ni de parler avec les étrangers>. Voilà qui est fait !

 

DIMANCHE 12 SEPTEMBRE : RETOUR A MANDALAY

 

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C'est la première fois que je me lève aussi tôt durant le séjour. A 4 h 45, je suis déjà dans la rue car le bus pour Mandalay est prévu à 5 h 30. Il fait encore nuit et surprise, il y a déjà du monde dans les rues, en particulier sur le marché. De nombreuses femmes descendent des montagnes avec des paniers remplis de marchandises. En résumé, pour bien profiter de l'animation en Birmanie, il faut être un lève-tôt.

Le voyage sera assez mouvementé en raison des nombreux lacets dans les montagnes. Pour ma part, ça passe, mais pour les locaux c'est nettement plus compliqué. Bref, les petits sachets en plastique installés sur les sièges trouvent preneur et se remplissent très vite. Je ne rentrerai pas dans les détails car ça me rappelle de mauvais souvenirs...

Retour à Mandalay où je pose à nouveau mon sac à la ET Guesthouse. Je pars faire le tour du lac, où les sportifs du dimanche s'exercent,  et commencent l'ascension de la colline de Mandalay (entrée gratuite). Le coucher du soleil est tout proche et j'arriverai pile poil au sommet. Le ciel est bien sombre et les nuages menaçants au-dessus de la ville.

Je repars tranquillement dans le noir complet et vais rejoindre la rue n°35 (voir dans le Lonely Planet) où après une bonne marche, j'arrive dans la rue où s'alignent des barbecues. Les terrasses ne désemplissent. J'hésite dans mon choix et me satisfais de trois brochettes avec du riz à 3 000 k. L'hôtel est encore loin et je trouve un chauffeur de moto qui m'y conduit pour 2 000 k. J'ai bien fait car la pluie a fait son apparition.

 

LUNDI 13 SEPTEMBRE : LA JOURNEE LA PLUS LONGUE

 

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Au petit matin, je pars au hasard dans les rues mouvementées de Mandalay et par chance, après avoir visité deux petites pagodes en chemin, je vais atteindre facilement l'endroit que le cherchais, la Paya Mahamuni. Personne ne m'a réclamé de droit d'entrée, sachant qu'apparemment il faut débourser 2 $ pour l'appareil photo. En prime, j'aurai droit de poser quelques feuilles d'or sur le plus célèbre bouddha du pays. 

Je quitte ce lieu fort animé, pour un autre endroit également en effervescence : le marché central, où les bananes, pastèques, pommes et oranges dominent les stands de fruits. Je finirai dans le quartier indien à déguster un excellent chapati au poulet, puis en guise de dessert, quelques gâteaux au riz et à la banane. Il me fallait au moins ça avant de prendre le bus pour Kalaw, prévu vers 18 h 30. 

Coup de bol, le bus n'est pas complet et j'ai le droit à deux sièges rien que pour moi. Idéal pour s'allonger, mais pour s'endormir c'est autre chose surtout lorsque le son de la télé est à fond pour une émission culte ici : l'école des fans version locale. Une chanson ça passe, mais à répétition ça use.

A 20 h 30, arrêt repas... le bus repart à toute vitesse, avant que je m'assoupisse. Pas pour très longtemps. Un gars me dit <Hello> en pleine nuit. Il est 1 h 30. Il insiste. Je ne vais quand même pas lui répondre <Bonjour en pleine nuit>. Il me faut un certains temps pour comprendre qu'il me dit Kalaw. Je ne pensais pas que j'arriverais aussi vite. Heureusement, un jeune qui squatte l'arrêt de bus m'emmène à la Golden Lily Guesthouse, établissement que j'avais choisi au préalable. J'y fais une entrée assez fracassante qui a certainement réveillé tout le monde, d'autant plus que les chambres sont en bois.

 

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MARDI 14 SEPTEMBRE : LA VRAIE AVENTURE DANS LE SECTEUR DE KALAW

 

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Voilà certainement une des journées qui m'aura le plus marqué durant le séjour. Je vais à pied jusqu'en gare de Kalaw et me décide à suivre les rails jusqu'à la gare de Myin Dike, plus au sud. Une carte dans le Lonely Planet (randonnées dans la région de Kalaw) indique plusieurs villages où vivent des minorités ethniques à proximité. Alors je tente le coup, me disant que j'aurai toujours la possibilité de faire demi tour en cas de galère. Après deux petites heures de marche, j'arrive à Myin Dike, après avoir évité un seul train.

Pour une fois, je ne suis pas les recommandations du Lonely, qui déconseille de s'aventurer seul dans les montagnes. A la gare, il y a une petite épicerie et un homme qui parle deux-trois mots d'anglais. Je lui demande le chemin de Kone Pya, où vivent les Taung Yo et il me répond que c'est  à peine 15 minutes de marche à travers les montagnes. Je suis la direction qu'il m'a indiquée. Ca grimpe, il y a pas mal de gadoue, mais aussi quelques croisements. Finalement, je passerai à côté du village et me retrouve à Iwa Pu. En essayant de bien prononcer le nom des villages, on arrivera plus ou moins à se faire comprendre des locaux. Les mots en anglais sont très rares et les gestes suffisent. Les villages sont calmes et et la population, composée de Danu et Taung Yo, se trouve, en général, dans les champs, les rizières ou à proximité des charrettes tirées par des boeufs.

 

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J'arrive chez les Danus à Shar Pin, où je croise de plus en plus de locaux portant de belles serviettes colorées sur la tête. On me montre du doigt et on semble me demander si je suis seul. Ils sont surpris qu'aucun guide birman ne m'accompage. J'en profite pour lancer les trois seuls mots birmans que je connais <Mingalabar> (Bonjour), <Pinté> (Français) et <Tiézutébade> (merci). Ca suffit pour bénéficier de larges sourires. 

Je poursuis par une interminable ascension qui me conduit à Lut Pyin. Encore un village bien calme. Puis me dirige vers Shaw Daw Gyin avant d'entrer dans la zone Pa'o. Je franchis des chemins tellement boueux que je marche pieds nus. Ah oui j'oubliais, je n'avais pas vraiment prévu cette belle balade et j'étais parti en tongs ! 

 

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J'arrive enfin à Lamaing qui se trouve sur une vraie route. Il est à peine 16 heures et je compte bien rentrer en bus ou en pick up. Je bois le thé avec des locaux pendant que des camions avec des femmes Pa'o à leur bord remontent la route en sens inverse de Kalaw, en direction du sud du lac Inlé et de Loikaw (zone interdite aux touristes individuels). En attendant, je ne vois aucun véhicule remonter vers Kalaw et je me décide à avancer à pied, en tentant de l'autostop. J'arrive à la grotte de Myin Ma et j'ai fait signe à quelques véhicules, qui ne se sont jamais arrêtés... La nuit tombe et je me rends compte que je suis loin de Kalaw. Dans un minuscule village, une vendeuse de boissons me confirme qu'il n'y a plus de bus à cette heure-là. 

Je marche encore jusqu'au moment où une moto se rapproche de moi. <Where do yo go ?> me lance-t-on. Je réponds sans conviction car ils sont déjà à deux sur l'engin. Mais non ! Pour 4 000 k, il y a une troisième place. Heureusement qu'on n'est pas gros. Finalement, Kalaw se trouvait encore à 25 minutes de distance à moto... je n'ose même pas imaginer ce que ça aurait donné à pied...

 

MERCREDI 15 SEPTEMBRE : MON MARCHE PREFERE A AUGBAN

 

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Aujourd'hui, c'est jour de marché à Augban, l'un de mes préférés dans le pays. Je pars donc en pick-up (300 k) avec comme voisine, une femme Palaung. Arrivé sur place, je ne suis pas déçu, le marché est toujours aussi coloré tant parmi les vendeurs que parmi les acheteurs, des Danus et Pa'o en tête et quelques Taung'Yo et Palaungs. Un véritable pour les yeux... et l'appareil photo. Les couleurs des turbans sur les têtes sont toujours aussi resplendissantes avec une majorité de rouge, orange et parfois vert. Je resterai sur place durant trois heures, sur ce marché qui est l'un des plus grands de la région. 

 

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Le soir à la Golden Lily Guesthouse, je réserve un trek avec Harri qui, selon le Lonely Planet, est réputé parmi les meilleurs guides de la région. Le prix 12 $ pour un trek d'une journée, en dehors des sentiers battus m'assure-t-on et avec la visite de plusieurs villages, dignes d'intérêt et très peu fréquentés par les touristes. J'attends avec impatience.

 

JEUDI 16 SEPTEMBRE : UN TREK D'UNE NULLITE

 

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Je ne m'étendrai pas sur le sujet, mais je déconseille vivement le trek par le biais de cette guesthouse. D'abord le trek prévu à 9 heures est retardé car, en fait, j'accompagne cinq autres touristes qui ne sont pas prêts. Harri, à qui j'ai donné l'argent hier, est en survêt et c'est avec son acolyte Rambo que nous partirons. Un autre membre du personnel suivra pour me raccompagner que je n'ai réservé qu'une journée, tandis que les autres partent pour trois jours jusqu'au lac Inlé. Ouf...

Qu'ai-je vu de beau ? Les paysages, une seule femme Palaung et un chaman qui m'a montré une poudre qui permet de gagner de l'énergie mais aussi de bien dormir ! Au retour, changement d'accompagnateur, qui ne parlait pas un mot d'anglais, et qui m'a arrêté dans un seul village. Le soir, je pensais remonter les bretelles des patrons, mais je n'en avais même pas le courage. Une journée à vite oublier.

 

VENDREDI 17 SEPTEMBRE : EN ROUTE VERS LE CADRE CHAMPETRE DE PINDAYA

 

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Ce matin, c'est au tour du marché de Kalaw, nettement moins coloré et animé que celui d'Augban. Mais il faut le coup d'oeil. J'en fais vite le tour croisant juste des femmes Palaungs venues faire leur emplettes, et quelques vendeuses d'origine Danu. Retour à l'hôtel, où mon chauffeur de moto (que j'avais rencontré à Augban) attend pour prendre la direction de Pindaya. Il installe tranquille mon bagage sous le guidon et nous voilà parti pour deux heures de trajet. 

La route entre Augban et Pindaya est vraiment charmante, on croise beaucoup de fermiers en tenues traditionnelles (tuniques noires et foulards colorés), des charrettes, tirées par des buffles, remplies de légumes. C'est la saison des choux actuellement dans cette région, l'une des plus cultivées du pays.

Arrivée à Pindaya, je vais directement à la Myit Phyar Zaw Gyi (chambre à 10 $ avec vue sur le lac), la seule guesthouse proposant encore des tarifs raisonnables dans cette petite ville. Une brève balade dans les deux rues principales (attention il n'y a pas internet ici), puis je grimpe à la fameuse grotte aux 8 000 bouddhas. Un lieu que les touristes rapidement avant de repartir vers le lac Inlé. Raison pour laquelle, je me retrouve seul étranger dans les rues de Pindaya.

La grotte en elle-même est agréable à visiter (entrée 3 $), avec toutes ces effigies du Bouddha. Mais sincèrement, je m'attendais à un lieu plus grandiose. Je quitterai ce haut-lieu de pélerinage pour les locaux en longeant la montagne. Retour aux abords du lac où je découvre, à la tombée de la nuit, des pagodes très charmantes autour desquelles de jeunes moines jouent au ballon. L'endroit est magique car au même moment d'imposants nuages couvrent les montagnes. Sublime.

 

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SAMEDI 18 SEPTEMBRE : DE PINDAYA A YANGON SANS PERDRE UNE MINUTE

 

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Cette fois, le grand marché a lieu à Pindaya. J'avais d'ailleurs calculé cette date pour y être au même moment. Le marché se tient en plein centre et il est fréquenté principalement par les Danus. L'endroit est charmant, assez coloré, mais nettement moins authentique que celui d'Augban. J'y resterai quand même une bonne heure, à arpenter les allées où les légumes de tailles parfois impressionnantes sont omniprésents.

La fin de matinée approche et je me dis que j'ai fait le tour de la ville. Je repars en pick-up vers Augban, sans trop savoir où sera ma destination finale. Le parcours sera assez folklorique les uns sur les autres et avec la poussière en prime, sachant que je suis installé à l'arrière du véhicule.

Après 1 h 30 de trajet pour parcourir 24 miles, j'arrive à Augban où les moto-taxis m'attendent. Si j'étais en possession d'un billet d'avion, je filerai à Yangon pour ensuite découvrir le sud du pays, comme j'en ai l'intention. A Augban, il n'y a aucune agence, ni guesthouse ouverte aux étrangers. Je dispose des horaires d'avion pour rejoindre Yangon et il y a plusieurs vols dans l'après-midi au départ de Hého. Je tente le tout pour le tout et déboule à l'aéroport de Hého. Par bonheur, je trouve un billet avec Air Bagan pour Yangon à 79 $. En faisant un peu n'importe quoi, je m'en sors bien. L'avion doit décoller à 16 heures et je n'ai qu'une brève attente dans l'aéroport. 

A suivre... Mes aventures dans le sud du pays, dans l'état de Tenasserim, avec comme objectif de rencontrer les Moken, véritable peuple de la mer.

Dans la chaleur tropicale du sud (septembre 2010)

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