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Le blog de Christophe

Le blog de Christophe

Récit de dix voyages en Birmanie (Myanmar)


Bienvenue chez les Nagas

Publié par Christophe sur 5 Mars 2017, 16:34pm

Je rêvais depuis des années d'assister au festival du nouvel an Nagas mais je me heurtais au fait qu'on ne pouvait s'y rendre en individuel. Cette année la donne a changé et j'en ai profité. Un rêve qui devient réalité.

 

Dimanche 15 janvier 2017 : Chants guerriers et défilés

 

 

Ce matin, j'avais prévu de me lever à 7 h 15, mais je le serai avant. Au micro, l'animateur du festival se déchaîne et j'entends les premiers touristes se lever dans les chambres voisines occupées par les groupes. Il faut dire que les parois sont tellement fines, on entend tout à l'extérieur. 

 

Ici en majorité, les touristes viennent accompagnés d'un guide via une agence. Le tarif annoncé est de 1 500 $ par personne pour cinq jours et ça semble toujours d'actualité. La chambre sommaire que je paie 20 000 k est apparemment un peu plus confortable pour les groupes, avec bien sûr un prix plus conséquent aussi.

Mais on profite de la même salle de bain commune au rez-de-chaussée. Ce qu'il y a de plus rudimentaire et avec une belle araignée comme logeuse.

 

 

Il est 8 heures. Ne voyant pas arriver Ko Min, je file au festival. Et j'ai bien fait car les premiers groupes Nagas arrivent. Comme je les imaginais avec des tenues splendides, des armes, des colliers, des tambours, de grosses boucles d'oreilles et d'imposants colliers pour les femmes.

 

 

Et j'oubliais les grandes plumes que portent certains hommes sur la tête. En les croisant, on se sent obligé de marquer le respect tellement ils en imposent, surtout les hommes avec leurs lances et les cornes d'animaux qu'ils exhibent fièrement.

 

Impressionnant le moment où ils défilent en ligne dans le village. On dirait des guerriers. Les groupes arrivent de partout, du moins de leur village d'origine. Certains ont marché plusieurs heures pour venir jusqu'ici. Ils atteignent la place principale où dans la matinée ils vont exécuter des danses traditionnelles.

 

Mais avant le début des festivités, il faut attendre le président birman qui se fait accompagner d'un convoi ultra-sécurisé. Comme s'il prenait un grand risque à venir ici.

 

Pendant une bonne heure vont se tenir des discours. J'en profite pour faire le tour du public local qui est mis à l'écart des touristes, des VIP et des politiques. J'observe des femmes Nagas en tenue traditionnelle et surtout les plus âgées qui portent des tatouages sur le visage, principalement sur le front et le menton.

 

Il y a des touristes, mais pas autant que je le pensais. A mon avis, il n'y a pas plus de 100 étrangers. Ceux qui sont venus avec une agence ont le droit à une place sous un chapiteau et aux premières loges. Mais comme je peux me déplacer comme je veux dans la foule et que je peux m'asseoir où je veux, ça ne change rien. 

La majorité des touristes est regroupé au même endroit, là où les groupes Nagas dansent. Un peu à l'écart, une femme porte un tatouage sur tout le visage. Selon un Birman qui la photographie, c'est la seule avec un tatouage de la sorte présente sur le festival. 

 

Et puis il y a ce vieil homme au visage tatoué et qui porte des cornes en guise de boucles d'oreilles. Impressionnant. Il essaie de me parler mais je ne comprends évidemment rien. Il se laisse photographier sans problème. J'avoue que c'est la première fois que je vois un homme dans un tel accoutrement. 

 

Heureusement qu'il ne va pas au coeur des festivités sinon il est quasiment certain d'avoir tous les touristes sur le dos.

 

En début d'après-midi, les festivités se calment. C'est autour des stands des marchands ambulants que ça s'anime. Les locaux achètent des produits Nagas, principalement des tissus, mais aussi des bracelets, des colliers.

 

Je croise pas mal de femmes au visage tatoué et des enfants plutôt effrayés de me voir. Les groupes Nagas s'absentent et défilent dans le village en file indienne. Certains chantent et suivent le rythme des tambours. Des chants guerriers qui en imposent.

 

 

 

 

 

Vers 18 heures, les festivités reprennent. Les vingt-deux groupes montent sur scène un par un et leurs prestations sont suivies par un nombreux public qui applaudit chaleureusement ses favoris. Certains des groupes toucheront jusqu'à 150 000 kyats selon leur classement final. 

 

 

Les touristes, eux, s'agglutinent comme des mouches autour de la scène. Même la police est parfois obligée de les repousser. Mais rien à voir avec les locaux qui se font bien plus réprimandés. Oui ça ne rigole pas, même pendant une cérémonie qui se veut festive et bon enfant.

 

Le soir avec Ko Min, on mange dans un restaurant traditionnel Naga, un bon repas de curry accompagné de bière Naga fabriquée avec du riz. Ne pas en abuser car à voir certains jeunes titubant dans les rues, elle a l'air de faire des dégâts.

 

La nuit ne sera pas de tout repos dans ma guesthouse sans non ! D'abord le bruit avec les locaux qui défilent et chantent dans la rue jusqu'à une heure très tardive et la chambre voisine qui fait un boucan infernal là encore très tard dans la nuit. Sans parler du froid.

 

 

Vers 5 heures, les premiers groupes de touristes quittent l'établissement et se font bien remarquer. Bref une nuit pas terrible du tout.

 

Lundi 16 janvier 2017 : Dans les villages traditionnels Nagas

 

Le retour vers Khamti est prévu à 8 heures avec Ko MIn. Ce matin en allant à la douche, je me rends compte qu'il y a de l'eau chaude dans les bassines. Si j'avais su ça avant...

On prend un petit déjeuner dans une gargote voisine. J'avertis l'immigration que je quitte les lieux dans la matinée. A 9 h 15, c'est le départ. Le trajet retour vers Khamti est davantage fait de descentes.

 

On va s'arrêter dans un village Naga et en profiter pour visiter une maison traditionnelle Naga. Un lieu incroyable avec la cuisine au milieu de l'habitation, le feu à même le sol, les ustensiles et les paniers contenant les provisions suspendus. A deux pas de la cuisine, un lit surélevé avec en dessous le nécessaire pour le feu et ainsi le chauffer. Ce qui n'est pas un luxe d'auan plus qu'il peut faire très froid dans cette région.

 

Ko Min qui ne parle pas Naga essaie d'engager la conversation avec les habitants et ainsi avoir des explications.

 

Notre parcours se poursuit avec quelques arrêts dans des monastères où l'on boit le café. Ko Min est connu comme le loup blanc dans la région. Le reste du parcours se déroule sans encombre. Une succession de virages, des graviers, du sable, des cailloux et de rares passages avec du goudron. On atteint Khamti vers 13 h 30. Je descends de la moto avec de belles courbatures.

 

Ko Min m'emmène dans le tea shop de sa famille ou j'ai encore droit à un festin. Jamais vu une personne me porter autant d'attention. Puis on va à la guesthouse où il m'avait réservé une chambre, la Tun Ya Tanar. Et  il avait bien fait car avec le retour du festival, toutes les guesthouses affichaient complet. Je dispose d'une chambre correcte avec salle de bain commune à 15 000 k. Dans le secteur, il ne faut pas être trop exigeant.

 

L'après-midi, ce sera détente. Un peu de marche le long de la rivière Chindwin, une douche bien froide et quelques arrêts dans les tea shop où je suis devenu un habitué auprès des serveurs. 

Le soir, je me réjouis de dormir sur un lit avec un matelas. Le grand luxe après le minibus de nuit, le bateau et la planche en bois à Lahe. Et tant pis si une fenêtre est cassée, j'ai droit à deux grosses couvertures pour résister au froid.

Mardi 17 janvier : Pas le temps de rester à Khamti

 

Ce matin, mon réveil n'a pas fonctionné et je me rends compte que j'ai presque dormi 12 heures avec un on rhume en prime. Je rejoins Ko Min sur le marché où il vend son riz depuis 5 h 40. Il n'a pas l'air fatigué, bien au contraire.

Au petit déjeuner, j'ai droit à des Shan noddles, qui tout compte fait se mangent très bien le matin. Ko Min me fait faire un tour du marché pour me montrer ses curiosités. 

Puis je vais à l'agence Myanmar Airways qui devait me réserver un billet d'avion pour Mandalay la veille au soir. Finalement, il n'y a plus de place. Mais je vais trouver mon bonheur dans l'agence toute proche de Yangon Airways avec un billet à 117 $ que je paie en kyats.

Seul problème, j'avais prévu des sorties avec Ko Min et on doit par la force des choses annuler car l'avion décolle le jour même à 14 h 30. Et comme il n'y avait plus de vol avant trois jours, je n'ai pas le choix.

On va faire un tour au monastère où Ko Min n'a pas l'air pressé de me voir partir. On mange un bout, un moine m'offre le café et l'heure tourne. Pas de souci me dit Ko Min, il sait exactement quand l'avion arrive et on le prévient avant qu'il ne décolle m'assure-t-il. Comment ne pas lui faire confiance lui qui m'a permis de passer un merveilleux séjour sur le territoire Naga.

Il m'emmène à l'aéroport quelques minutes avant le départ et on se quitte avec bien des regrets et en se promettant de se revoir à mon prochain voyage. 

Le vol jusqu'à Mandalay a été parfait et j'y ai fait la rencontre un couple Américain qui se rend comme moi en bus à Yangon où il vit.On partagera les frais du taxi 4 000 k chacun jusqu'à la gare routière. On trouve un bus avec la compagnie ATW. 

Il faut attendre jusqu'à 21 h 30. Je traîne dans la station de bus jusqu'au moment où le guichetier d'une compagnie me hèle. Il a l'air de s'ennuyer. Il me montre sur son portable des vidéos des clips tendances au Myanmar. Puis voilà qu'il m'offre le thé et des gâteaux. Il veut même m'inviter à manger des noddles dans son bureau où apparemment il dormira ce soir. Il ne parle pas un mot d'Anglais, mais ça ne change rien à son hospitalité. Il n'y a qu'en Birmanie que l'on voit ça.

Il es 21 h 30, c'est l'heure de prendre le bus. Le trajet va être excellent avec la compagnie ATW. Les sièges s'inclinent à la perfection. L'idéal pour dormir.

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conseils voyages 14/06/2017 09:09

Bonjour,

Je vois que vous que vous avez passé une aventure très intéressante ! Plus précisément, où se trouve exactement les Nagas ?
En passant, voici un blog qui pourrait vous aider dans votre voyage également: vacances-aventures.com

A très bientôt !

Christine 15/05/2017 00:30

Bonjour Christophe,
Merci beaucoup pour ce partage sur le merveilleux pays du Myanmar et ses adorables habitants. J'ai eu la chance de découvrir ce fabuleux pays cet hiver et je projette d'y retourner le plus vite possible ! J'ai adoré ... Serait-il possible d'avoir le contact de KoMin pour, comme vous passer le nouvel an avec les Nagas ? J'aimerai aussi randonner, si vous connaissez des guides ?
Merci pour votre aide et votre collaboration.
Au plaisir de vous lire.

Christophe 14/06/2017 10:05

Bonjour je suis désolé mais Ko Min n'est pas un guide mais un ami commerçant avec qui j'ai eu la chance d'aller voir le festival. Mais il ne prend pas en charge les touristes car il travaille. Et pour ce qui est des guides c'est très compliqué dans cette région. Même si désormais on peut s'y rendre non accompagné juste pendant le festival.
Christophe

chrissand 29/03/2017 14:43

Une destination que je ne connais pas encore. Mais votre récit me donne envie d'y aller. Merci pour ce partage

j et jp grouard 19/03/2017 16:30

Super ce reportage sur le nouvel an naga. Cela valait toutes les difficultés pour y arriver!

Christophe 19/03/2017 17:14

C'est le cas de le dire... le trajet pour atteindre Lahe n'était pas une partie de plaisir.mais je le referai sans aucune hésitation. Christophe

lesworldtrotteurs 15/03/2017 14:01

Un super article sur ce magnifique pays qu'est le Myanmar. A travers votre récit, on y retrouve la si grande sympathie des habitants. Et merci, de nous faire découvrir le festival des Nagas !

Christophe 15/03/2017 14:37

Merci beaucoup pour le compliment et pour le petit mot sur le peuple Birman.
Christophe

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