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Le blog de Christophe

Le blog de Christophe

La Birmanie (Myanmar) de la côte ouest de l'Arakan, aux montagnes de l'état Shan, en passant par le delta de l'Irrawaddy, l'état Kayah, l'état Chin et les coins les plus reculés du pays... Vingt ans d'expérience à vous faire partager avant votre départ pour l'aventure.


Les femmes tatouées de Mindat, une tradition hors norme

Publié par Christophe sur 7 Décembre 2019, 17:06pm

C'est une Birmanie encore confidentielle, l'une des régions les plus fascinantes du pays, l'état Chin. Direction Mindat, une destination qui s'ouvre au tourisme depuis moins de 10 ans et dont l'accès s'est bien amélioré pour rencontrer les femmes au visage tatoué.

 

Mardi 15 octobre : Mindat n'est plus au bout du monde

A croire que le personnel de l'hôtel Grand Central a vu mes grimaces de la veille en mangeant la confiture car ce matin j'ai eu droit au miel. Après un bon petit déjeuner, direction la gare routière centrale où le van en partance pour Mindat est à l'heure. Départ à 10 heures précises.

Je suis installé dans les rangées du milieu près de la vitre, une place plutôt confortable. Mais je n'ai aucune notion de la durée du trajet et personne ne semble savoir. Je comprendrai un peu plus tard qu'en fait les autres passagers ne se rendent pas à Mindat et qu'il me faudra changer de véhicule vers la fin du parcours. Avant même d'entreprendre la grande ascension vers Mindat. Pour cette deuxième partie de trajet, j'ai quasiment le van pour moi tout seul.

Le ciel commence à s'assombrir et à l'approche de Mindat, un orage s'abat. Ca me rappelle la dernière visite ici, il y a tout juste deux ans et où j'étais également arrivé ici sous un déluge. A croire que dans l'état Chin, la saison des pluies se prolonge un peu.

Le van m'arrête devant la Se Naing Family guesthouse où j'ai mes habitudes depuis mon premier voyage à Mindat qui commence à dater un peu. Monica la patronne me reconnaît immédiatement et m'accueille chaleureusement. J'ai le droit à une des chambres sur le toit avec salle de bain et une vue toujours aussi magnifique.

Dans cette grande maison, rien ne semble avoir changé hormis l'arrivée du wifi. Inimaginable il y a quelques années encore. La nuit sera excellente pour me remettre du long trajet (8 heures de route depuis Mandalay), mais qui n'a rien à voir comparé aux 14-15 heures de route que je mettais depuis Yangon via Pakkoku par le passé.

Mercredi 16 octobre : le tourisme de masse n'a pas encore tout ravagé

Ce matin, à 6 heures, je suis debout. Depuis les fenêtres du toit, j'observe le panorama sur les montagnes, mais aussi le ciel encore bien sombre . Quand je sors, la première personne que je croise dans la rue est une femme, la longue pipe à la bouche et le visage tatoué. 

Le petit déjeuner proposé par Monica est excellent et varié avec avocat, oeufs, Shan noddle, soupe et café Chin. De quoi être armé pour visiter la ville et ses environs, pour voir un peu si elle a changé ou non.

Ce qui frappe d'abord, c'est l'arrivée de nouveaux commerces traditionnels qui redonnent vie au bourg. Tout comme le nouveau marché maintenant en dur où Monica a d'ailleurs un magasin, le n°139 qui était fermé ce jour-là. On aime ou on n'aime pas, mais on ne peut rien contre ces améliorations en faveur des Birmans.

En marchant dans Mindat, je ne mets pas bien longtemps pour croiser des femmes au visage tatoué. Sur le web, j'avais lu plusieurs commentaires de touristes, comme quoi on ne voyait quasiment pas ces femmes, ou qu'elles réclamaient de l'argent pour être photographiées car des touristes avaient lancé cette mode.

 

Mais aussi que des agences les payaient pour qu'elles s'habillent en tenue traditionnelle et posent pour la photo devant les touristes lorsqu'ils se pointaient dans leur village. Tout ça doit bien exister, tout comme certains touristes doivent prendre des photos à la sauvette sans demander l'avis de quiconque.

J'ai sûrement abusé de mon appareil photo par le passé et comme je ne veux pas qu'on fasse n'importe quoi dans cette région, j'ai décidé à chaque fois que cela se présentait de demander si j'avais droit ou pas de prendre une photo, sans aucune notion d'argent, en essayant d'échanger avec les locaux et surtout avec le plus grand respect.

Comme avec cette dame âgée qui en plus de son tatouage me montre ses boucles d'oreilles dissimulées sous un bonnet et me fait voir qu'elle a quatre perforations et que ça lui a fait très mal étant plus jeune.

D'autres femmes s'arrêtent en chemin alors qu'elles portent du bois ou même des briques dont le poids - pour avoir essayé de soulever un panier - est énorme. Certaines me font des signes de désapprobation alors je n'insiste pas. Un peu plus loin, d'autres femmes acceptent d'être photographiées et rient au moment de voir leur photo.

 

Et puis il y a des scènes de vie, comme cette famille qui cuit un cochon à proximité de la route ou ce père de famille qui tire à la carabine en direction des rochers sous l'oeil attentif de toute sa famille. 

Avant que je n'arrive devant une maison où un animal a été sacrifié. Il ne reste que des traces de sang sur le sol. A l'intérieur de l'habitation en bois, un homme me fait signe de rentrer. C'est presque l'heure de l'apéritif et me voilà avec un verre d'alcool de millet entre les mains. Un homme qui en a sûrement abusé dort déjà étendu à même le sol. 

Dans la maison, deux femmes tatouées font le service. L'une doit avoir 80 ans, l'autre ne connaît pas son âge me dit-on en Anglais. Celle qui ignore son âge essaie de sympathiser avec moi, me fait des signes avec le pouce pour faire comprendre que tout va bien, elle sourit pour un oui ou pour un non. Un agréable moment, mais je préfère m'éclipser car une femme a encore ramené une bouteille d'alcool et je crains que ça n'en finisse plus.

Je remonte tranquillement en direction de Mindat, en ayant droit aux sourires des enfants, à des signes de bienvenue de la part des adultes et certaines femmes tatouées parfois ravies que je les photographie.

Un peu plus tard, je pars en direction de la route principale vers Matupi, route bordée de nombreuses maisons où il est très fréquent de voir des femmes tatouées occupées aux tâches quotidiennes. 

 

En général, elles sont assez âgées, mais je suis surpris d'en rencontrer de relativement jeunes alors que cette pratique s'est poursuivie jusqu'aux années soixante avant d'être interdite.

L'accueil est sympathique tout au long de ma route et les enfants ne semblent pas impressionnés par ma présence. En chemin, je croise aussi des hommes avec parfois un fusil à l'épaule, mais surtout des femmes chargées de marchandises, avec un panier surchargé dont la lanière tient autour du front. Pour avoir essayé de soulever un panier contenant du bois, croyez-moi ça pèse extrêmement lourd.

Aujourd'hui, il n'est tombé que deux-trois gouttes et le parapluie que m'a prêté la patronne de la guesthouse ne m'a donc pas été utile. En fin de journée, je mange dans le restaurant local Myoma, avec un curry poulet. J'ai le droit de rentrer en cuisine pour choisir les petits plats qui ont ma préférence.

Jeudi 17 octobre 2019 : Une longue marche à travers les montagnes

La nuit a été excellente et me suis réveillé à 6 heures, en même temps que le jour se lève. J'ai lu quelques plaintes de touristes, sur le web, qui avaient dormi ici et se plaignaient d'avoir été réveillés par le chant du coq ou les cochons couiner. Je n'ai pas eu cette chance là !

Après un bon petit déjeuner, je rejoins les hauteurs de la ville sans réel objectif. Jusqu'au moment où je tombe sur une cérémonie avec des hommes Chin qui jouent de la musique, des femmes qui défilent avec des offrandes, ainsi qu'un jeune déguisé en monstre qui n'a pas l'air de vraiment effrayer les enfants.

 

Je suis le défilé, perturbe quelques femmes pas trop habitués à la présence d'un étranger. En regardant, dans un commerce, je tombe sur une vendeuse de café. Du café de Mindat à 2 000 k le sachet, nettement moins cher qu'à Ywangan. Il ne restera plus qu'à comparer à mon retour en France.

Il est un peu plus de 11 heures quand je décide de redescendre vers le chemin qui mène à la rivière et où il y a de nombreuses habitations. Là même où j'avais bu un verre la veille. Me voilà parti pour un long périple, à descendre toute la montagne. J'ai croisé quelques femmes surprises de me voir à pied et sans guide. Il faut dire que maintenant les motos ont remplacé la marche à pied dans cette région où les distances sont parfois longues et les pentes abruptes.

Et je vais m'en rendre compte une fois la rivière atteinte car j'ai l'envie de rejoindre des villages sur l'autre montagne qui lui fait face. Il faut quand même reconnaître qu'il y a moins d'habitations que du côté de Mindat, mais c'est aussi beaucoup plus sauvage. Les enfants sont craintifs en voyant un étranger et les adultes, surtout les femmes ne sont guère plus rassurées. 

Il me faut une heure de grimpette pour atteindre un village de quelques maisons où vivent quelques femmes tatouées particulièrement âgées. Une d'entre elles, qui a apparemment des problèmes de vue, n'a pas réagi que j'étais un étranger et part dans une grande conversation dont je ne comprends absolument rien. 

L'heure tourne et je me dis que le chemin est encore long. Mais coup de chance, en pleine descente, un motard s'arrête et m'emmène jusqu'à Mindat. J'évite ainsi une montée de plusieurs kilomètres et je glisse un billet dans la poche du pilote.

En fin de journée, j'essaie de trouver un endroit pour le coucher de soleil. En cherchant, je suis accosté par un homme qui m'invite dans le bar l'Oasis qu'il tient. Un établissement à flanc de montagne avec une vue à couper le souffle. Il m'offre une bière et on engage rapidement la conversation. Sympathique.

Le soir, je vais manger au Myoma, le restaurant moderne cette fois-ci où la plupart des touristes s'arrêtent. Ce sera du riz avec du porc à 2 500 k, avant de rentrer à l'hôtel pour un repos bien mérité.

Vendredi 18 octobre : Sur la route de Matupi

Il est 6 heures, je suis réveillé après une nuit excellente. J'ai l'impression qu'il y a du monde à l'hôtel et que quasiment toutes les chambres sont prises. En plus, il y a des soeurs de passage dans l'établissement.

Après le petit déjeuner, je pars sur la route principale en direction de Matupi, certainement l'axe où il y a le plus d'habitations et par là même où on a le plus de chance de rencontrer des femmes tatouées. Me voilà parti pour une longue balade, essentiellement en montée sur un peu plus de 10 km. Et il faudra en faire autant pour revenir.

Mais que la journée fut riche en rencontres. D'abord cette femme de la minorité Magan avec des tatouages en forme de points qui couvrent l'ensemble du visage. Pour les prendre en photo, ce n'est pas gagné car elles refusent souvent systématiquement et ne demandent même pas d'argent en échange d'une pose. Peu importe, j'admire ce visage peu courant à Mindat.

Un peu plus loin, une autre femme de cette même minorité avec des morceaux de bois remplis de pétales de fleurs dans les oreilles. Je me souviens l'avoir photographié par le passé, mais cette fois-ci, elle refuse. Elle semble ravie que je n'insiste pas et cela me permet de mieux l'observer encore et d'échanger quelques instants même si la barrière de la langue ne facilite pas la communication.

Des femmes Magan, je vais en croiser cinq ou six quasiment dans le même périmètre. Sûrement le hasard. Encore plus surprenant, cet homme qui tient en laisse un animal, un furet peut-être mais n'en suis pas bien sûr. Est-ce un animal de compagnie ou juste une prise de chasse qui s'apprête à être mangée. Parmi les locaux à qui j'ai montré la photo, personne n'a su me donner le nom de l'animal, mais tout porte à croire qu'il finira dans une assiette.

 

En cette matinée, tout le monde s'affaire aux tâches quotidiennes. Les femmes portent du bois, font la lessive en extérieur, se lavent les cheveux, découpent des légumes, font sécher des céréales au bord de la route ou écossent du maïs... et j'en passe. Quand ce n'est pas encore plus éreintant comme de porter des briques pour construire une maison. Bref tout le monde travaille et même parfois des enfants que je surprends faire la lessive ou porter de lourdes charges.

Plus je m'avance sur la route, plus je croise des enfants apeurés. J'ai même droit à deux ou trois crises de larmes au cours de mon passage. Oui, plus je m'éloigne et plus j'arrive en terrain inconnu où les touristes ne s'aventurent pas trop.

Je retrouve des hommes âgés panier dans le dos que j'ai déjà croisé en chemin. Ils me saluent amicalement en me tapotant sur l'épaule et me lancent quelques mots dans leur langue et dont je ne comprends absolument rien. Mais ça avait l'air d'être des paroles plutôt sympathiques.

Un peu plus loin, un homme Chin aiguise des morceaux de bois dont il se servira pour confectionner des flèches. Il est tout fier de me présenter son arc à flèches qui lui servira très certainement pour aller chasser.

Il est presque 15 heures, ça fait plus de 6 heures que je marche. Je m'arrête quelques instants dans mon tea shop préféré où la serveuse qui arbore un beau tatouage sur le visage refuse toujours que je la photographie. Le soir, je vais manger au Maymyo restaurant, du riz frit au porc à 2 000 k et encore une belle nuit en perspective.

Samedi 19 octobre : Le petit chemin mène à une fête

Me suis levé avant 6 heures du matin et j'ai bien fait, j'assiste au lever du soleil depuis la terrasse. Quelques instants plus tard, j'observe deux femmes dans une maison à deux pas de la guesthouse. Elles ont le visage tatoué et portent de gros anneaux en bois dans les oreilles. Comme quoi il n'y a pas besoin d'aller bien loin pour les voir.

Après le petit déjeuner, je vais acheter un billet de bus. Monica m'a conseillé de me rendre dans une agence au marché. Je récupère un billet pour Pakokku en minivan pour 7 500 k. Je souhaitais poursuivre jusqu'à Yangon, mais on m'indique que tous les bus sont complets. Je me débrouillerai autrement.

 

Je me rends dans mon tea shop préféré où je commande un café et une crêpe, sous le regard amusé de la serveuse tatouée qui me paraît de plus en plus jeune quand elle sourit. Puis je repars en direction de Matupi avec l'intention de prendre un chemin que j'ai repéré sur la gauche et qui a l'air de donner sur des villages. Le chemin est juste après la borne des 5 km.

En chemin, je croise ces femmes qui portent des points sur le visage et qui savent que je ne les photographierai pas. Ca les fait presque sourire que je n'insiste pas, surtout celle qui porte des fleurs dans ses oreilles.

Puis j'entends mon prénom de la part d'un motocycliste. Quelle surprise et quelle mémoire de la part de cet homme qui se souvient que j'étais dans son village, il y a quelques années en arrière, que l'on avait mangé et bu de l'alcool local ensemble. J'étais reparti sous la pluie avec son parapluie et il est tout content de me dire - deux ans après - qu'il l'a bien récupéré. 

Après ces retrouvailles, me voilà reparti vers ce petit chemin qui descend. Une bonne pioche car même si je ne croise pas grand monde et qu'il n'y a pas beaucoup de vie, hormis les enfants qui jouent, je traverse de charmants petits villages et surtout les paysages sont magnifiques.

Je suis invité une première fois dans une famille birmane. Le père de famille me fait comprendre qu'il fait beaucoup trop chaud pour marcher. Il m'invite à boire le thé. A l'intérieur de la maison en bois, sa famille avec un bébé qui dort et un second dont la mère change les couches. On m'offre des gâteaux. 

L'homme veut ensuite m'emmener dans une autre maison où se tient une fête pour les enfants qui ont terminé leur scolarité. Dans la maison, des ballons ont été accrochés au plafond, des friandises sont lancées aux enfants ainsi qu'aux personnes plus âgées, comme ces femmes tatouées qui en profitent pour en récupérer.

 

Des plats copieux à base de riz, viande et légumes sont servis aux familles, tandis que les hommes abusent de l'alcool de millet. On m'en sert d'abord un verre léger, puis un deuxième nettement plus corsé. Je refuse toutes les autres sollicitations car il me faut encore revenir sur Mindat.

Je suis dans le secteur de Phwee, au sud de Mindat, dans le village de Lel Hlaing, où vivent une centaine de personnes. On m'emmène dans une autre maison où il y a nettement moins d'animation. La famille est en pleine discussion tandis que les hommes tirent à la carabine sur des plantes dans les rochers. Ils sont tellement captivés par leurs tirs que j'en profite pour m'éclipser et repartir tranquillement vers le bourg, tout en les saluant discrètement. Ils voulaient pourtant que je passe la nuit ici. Mais je n'ai pas voulu les mettre dans l'embarras car ils ne doivent pas savoir qu'il est interdit d'héberger un étranger.

Je regagne Mindat, le ciel est menaçant et je monte sur une colline afin d'observer la ville et les montagnes. J'en profite pour capturer des images de l'orage qui approche. Le soir, repas au restaurant chinois Maymo, avant un repos bien mérité à la guesthouse.

Dimanche 20 octobre : Jour de messe à Mindat

Aujourd'hui c'est dimanche et c'est à la messe qu'il faut se rendre. L'état Chin est considéré comme le plus chrétien en Birmanie. Ce matin, je me rends dans l'église catholique, située dans les hauteurs non loin de la guesthouse. Le prête n'est autre que le frère de Monica, la patronne de la guesthouse.

Cette grande église affiche complet dès le début de la messe à 9 h 30. Les hommes d'un côté, les femmes de l'autre accompagnées de très nombreux enfants. Des enfants parfois dissipés qu'il faut faire sortir car la cérémonie est un peu longue pour eux.

C'est ici que je rencontre un jeune Français volontaire pendant un an au sein de l'église. Il donne aussi des cours d'Anglais à ceux qui le souhaitent. Je l'envie presque.

On discute un peu de Mindat, de la façon dont il occupe son temps. Apparemment, en plus des cours de langues, il y a pas mal de travaux à effectuer ici. On parle aussi tourisme dans la région, ce qui m'intéresse le plus. J'apprends qu'une réunion entre les acteurs du tourisme et les hôteliers s'est tenue il y a quelques temps. Avec comme objectif : comment attirer les touristes à Mindat et comment les retenir. Bilan de la réunion : il n'y a pas eu une grande volonté affichée de part et d'autre pour dynamiser ce secteur.

 

Des touristes justement, j'en ai croisé quelques uns durant mon séjour à Mindat. Tous ne sont pas de grands marcheurs et regrettent qu'il n'y ait pas plus de guides à des prix attractifs afin de se rendre dans les villages des montagnes. 

Les prix que l'on m'a indiqués pour une journée à moto avec chauffeur pour rayonner dans les villages vont de 65 000 à 85 000 k par personne. Il y a aussi des treks de plusieurs jours où on rencontre des femmes avec des tatouages que l'on ne peut pas voir à Mindat même. Mais quelque chose me chiffonne dans les poses de certaines femmes que l'on retrouve sur certains sites internet. Toutes quasiment portent la pipe à la bouche, elles portent des vêtements traditionnels parfois flambant neufs et sont installées de manière à ce que leur tatouage soit le plus apparent possible. ça ressemble à une mise en scène. 

Et quand on me signale que certaines agences préviennent la population de ces villages éloignés de l'arrivée de touristes et qu'elles mettent leur plus belle tenue, j'ai un sérieux doute quant à l'organisation de ces treks et à leur authenticité. Bref tous les treks ne se valent pas.

Ma journée a été plus paisible que les précédentes, pas de longues marches mais des discussions enrichissantes comme avec cet homme âgé qui veut m'expliquer l'origine des tatouages avec une version qui l'emporte sur l'autre, à savoir tatouer les visages des femmes pour les rendre moins belles et éviter qu'elles ne soient sollicitées par les princes qui venaient les prendre dans les villages et les ramener chez eux. La version comme quoi ce serait pour effrayer les tigres semble nettement moins plausible.

L'homme me confirme que ces tatouages ne peuvent plus être faits depuis les années soixante. Je lui montre la photo d'une femme tatouée relativement jeune, il s'en étonne.

Le soir, je mange au Myoma, devenu ma cantine avec ses riz frits à 2 000-2 500 k. Demain, une longue et surprenante journée de bus m'attend pour rejoindre Yangon, et la côté de l'Arakan avec Gwa en point de mire.

 

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P
Grand Merci Christophe pour ces merveilleuses photos qui me rappellent bien mes deux séjours à Mindat (sans de si belles photos). Lorsque tu parles de la Guesthouse de Monica, de la messe du dimanche et de tes randonnées je n'ai qu'une envie ... y retourner. Mais d'après tes derniers messages il y aurait également des problèmes dans l'Etat Chin ? Monica et Joseph m'ont invitée à venir lors de la fête nationale chin en février. Fête que j'ai ratée en février de cette année car j'ignorais son existence et j'avais mon billet de retour.
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C
Bonjour non à Mindat il n’y a aucune tension, ni dans l’état Chin en général. On peut y aller en toute sécurité. Si tout va je dois y retourner en février mais ce sera juste après la fête nationale Chin. A bientôt. Christophe

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