Un arrêt à Mandalay, la deuxième plus grande ville de Birmanie qui pour le coup est étrangement calme. Normal, les Birmans sont en congés pour cause de fête des lumières !
Dimanche 13 octobre : En train jusqu'à Mandalay
Ce matin, je me suis levé pour le petit déjeuner de l'hôtel Ever à Kyaukse. Je n'ai pas eu le courage de faire sonner le réveil à 4 heures pour aller voir la suite du festival des éléphants. Après le petit déjeuner, je paie la chambre à la réception où la conversion dollar/kyat m'est très défavorable. Préférez donc payer en dollar si vous en avez la possibilité.
Je file à pied à la gare qui n'est pas bien loin. Le chef de gare, auprès de qui je m'étais renseigné la veille, me reconnaît au loin et me prévient que le train de 9 heures pour Mandalay est attendu à 9 h 30. Quelques instants plus tard, il me vend le billet en classe supérieure au prix défiant toute concurrence de 350 k.
Quand le train se présente, on me prend les bagages et on m'installe sur un fauteuil inclinable plutôt confortable. Le voyage se déroule parfaitement et j'atteins la gare de Mandalay après 1 h 30 de voyage pour 50 km.
L'établissement Grand Central Hotel, que j'ai réservé sur le web à 23 $ la nuit, se trouve à quelques pas de la gare et je le trouve assez facilement. J'ai droit à une belle chambre avec fenêtre. Avec cette chaleur, je m'y repose quelques instants.
Cet après-midi, je vais me balader dans la ville étrangement calme. Sûrement l'effet du festival des lumières cumulé au fait que nous sommes dimanche. C'était presque une journée à faire du vélo dans la ville. Je pars à pied jusqu'à la pagode Mahamuni, où il est annoncé beaucoup de monde pendant les festivités.
Sans faire exprès, je n'ai pas pris la bonne entrée et me retrouve sur le site sans avoir payé le ticket de 5 000 k. On m'en fera la remarque au moment de quitter le site. Comme je ne suis pas à une boulette près, je me présente devant l'image de Bouddha et au portique de sécurité, on me refoule gentiment car mon bermuda est un peu trop court. On ne plaisante dans cette pagode, l'une des plus vénérées du pays.
Je repasse cinq minutes plus tard avec le longyi cette fois. Me voilà dans la salle où les Birmans - c'est uniquement réservé aux hommes - posent des feuilles d'or sur la statue bouddhique où on me fait comprendre que les photos sont interdites et qu'il ne faut pas rester trop longtemps sur place. Pas grave, j'ai trouvé un complice, un gardien qui me photographie avec mon portable.
Je refais un petit tour de la pagode pour m'imprégner de l'ambiance, il y a du monde, beaucoup de locaux qui profitent de cette journée de congés. Je repars tranquillement vers le centre ville, effectue quelques détours par de petits marchés de rue à moitié endormis. Je m'arrête boire un thé tandis que les combats de MMA, sport favori en Birmanie, défilent à télé sous l'oeil attentif des clients.
Je m'arrête ensuite dans un restaurant, le Daw Mogok, non loin de l'hôtel et commande un poulet sauce aigre douce, délicieux. Le repas terminé, j'arpente quelques ruelles et observe toutes ces bougies illuminées pour la fête tandis que les premiers feux d'artifice sont allumés aux quatre coins de la ville. C'est pétarade un peu partout, mais ça ne m'empêchera de passer une excellente nuit.
Lundi 14 octobre 2019 : Sur le plus long pont en teck du monde
Ce matin, le petit déjeuner sur le toit du Grand Central Hôtel est plutôt correct, avec un bémol quand même, la confiture est infecte. Ce matin, il faut que j'aille cherche un billet de bus pour Mindat. Le départ étant prévu demain. A l'hôtel, on m'oriente vers la gare de bus du centre-ville où je me rends en moto-taxi pour 1 500 k. Je trouve facilement l'agence qui vend les billets, elle est située juste derrière la gare routière où se font essentiellement les départs pour Monywa et d'autres villes voisines de Mandalay. Prix du billet : 12 300 k avec un départ à 10 heures.
Je pars ensuite à pied dans les rues de la ville, sans trop savoir où aller. La ville est encore relativement calme en cette période de vacances et de nombreux commerces sont fermés. Je me retrouve dans les marchés à observer les curiosités comme ces saucisses locales, ou encore ces morceaux de viande qui ressemblent étrangement à du boudin noir, ou ces gros tas de pâte qui sont en fait du poisson mixé à l'odeur pas très alléchante.
Je profite d'un petit moment de répit et d'un attroupement autour d'un restaurant de rue pour me commander une mohinga, le plat traditionnel Birman que j'affectionne tant. Je déguste le plat en compagnie de femmes fort agréablement surprises par ma présence.
A un moment donné, je tombe à un angle de rue sur un arrêt de transports collectifs. Il me vient à l'idée de me rendre au pont U Bein, à Amarapura considéré comme le plus long pont de teck du monde avec ses 1 060 piliers.
Je trouve un moyen de locomotion, assis à l'arrière du camion avec d'autres Birmans surpris de me voir là (500 k). Un trajet plaisant si on fait abstraction des odeurs de pot d'échappement. Au pont U Bein, je craignais qu'il y ait trop de monde et finalement c'est plutôt calme au moment de mon arrivée. Il faut dire que c'est l'heure du repas et en plus, il fait très chaud à cette heure de la journée, entre midi et 14 heures. De quoi en décourager plus d'un, mais ça m'arrange plutôt car j'évite ainsi la cohue habituelle sur le pont et tous ces touristes locaux ou étrangers venus en bus.
Une ami birmane m'avait montré des photos du pont prises la veille au coucher du soleil, c'était hallucinant tant il y avait de monde.
Comme je suis venu en transport et que je ne retrouve plus la route principale, me voilà parti à longer le lac à observer les pêcheurs avec le corps à moitié dans l'eau. Je marche tranquillement en essayant de trouver des coins d'ombre. Je demande mon chemin et finalement je tombe sur une grande route et un Birman qui me montre gentiment le véhicule collectif en partance pour Mandalay.
Il a fait tellement lourd aujourd'hui que le tonnerre se fait entendre. Un orage s'abat sur la ville en fin de journée. Il se fait déjà tard et je décide de m'acheter quelques produits et me réfugie dans la chambre pour une soirée relaxe. Demain, un long trajet m'attend pour rejoindre Mindat dans l'état Chin.