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Le blog de Christophe

Le blog de Christophe

La Birmanie (Myanmar) de la côte ouest de l'Arakan, aux montagnes de l'état Shan, en passant par le delta de l'Irrawaddy, l'état Kayah, l'état Chin et les coins les plus reculés du pays... Vingt ans d'expérience à vous faire partager avant votre départ pour l'aventure.


Sur les terres des Rohingyas

Publié par Christophe sur 12 Février 2018, 15:09pm

Jeudi 4 janvier 2018 : Première visite d'un village de Rohingyas

 

En cette fin de matinée, je me retrouve sur la route du Prince Hotel et me décide à aller dans les villages peuplés de Rohingyas, non loin de là. Avec mon vélo chinois, il me faut à peine 25 minutes pour rejoindre la commune de Poung Dook. Je ne suis qu'à moitié rassuré et me dis que si je tombe sur l'armée ou la police, je répondrai simplement que je me suis perdu. Après tout, je n'ai vu aucune interdiction.

Plus j'avance sur cette grande route et plus je croise des gens au teint mat, qui fait davantage penser au Bangladesh voisin qu'à la Birmanie. Je m'arrête au bord des champs et quelques personnes me font de grands signes et m'adressent la parole. Là encore, ce n'est pas en Birman qu'on me parle, mais plus probablement en Bengali. Peu importe, je ne comprends ni l'une, ni l'autre de ces langues. 

 

Je poursuis mon chemin et ne suis contrôlé à aucun moment. Me voilà arrivé dans le village que je voulais atteindre. Certains hommes portent une longue barbe, tandis que le visage des femmes est couvert d'un voile léger. Je ne sais pas trop à quoi m'en tenir car je n'ai aucune idée de l'accueil qui va m'être fait par les locaux. Ou si à un moment ou à un autre, les autorités vont me tomber dessus.

 

Je pose le vélo à proximité d'un tea shop et décide de commander une boisson. Avec un peu de chance, quelqu'un m'adressera la parole en Anglais. Ce qui me surprend d'entrée dans ce village, c'est le nombre impressionnant d'enfants. Il y en a des dizaines autour de moi. Ils ne parlent pas un mot d'Anglais, sauf le mot "money" pour ceux qui me réclament de l'argent. Il faut dire qu'ici, c'est particulièrement pauvre et les enfants sont probablement les touchés.

 

Tout à coup, un homme vient à ma rencontre. Il est l'enseignant du village et son Anglais est excellent. On commence à discuter ensemble et il me parle de la vie dans le village. Un quotidien qui tourne essentiellement autour de l'agriculture. 

Les habitants sont tous de confession musulmane et depuis 2012, suite à des tensions interreligieuses, ils n'ont plus le droit de mettre les pieds à Mrauk U, la ville pourtant toute proche où ils ont vécu pendant plusieurs années et cohabité avec les bouddhistes sans aucun souci. Désormais, ils sont parqués dans ce village et profitent uniquement des terres où ils cultivent le riz.  

 

L'accueil se fait plus chaleureux et l'enseignant accepte de me faire visiter son village, suivi par des dizaines d'enfants qu'il tente de repousser à plusieurs reprises afin que tous les jeunes du villages ne se retrouvent pas à nos trousses. Un étranger ici, ce n'est pas courant. C'est même peut-être la première fois qu'ils en rencontrent un.

 

Je profite de ces instants pour prendre quelques photos, mais il faut bien l'avouer, ce n'est pas aussi facile et naturel que dans les villages birmans. Contrairement aux Birmanes, les femmes ne sont pas très favorables aux photos. Peut-être l'effet de la religion. Mon guide du jour me confirme qu'ici personne n'a de carte d'identité. Et il avoue avoir du mal à comprendre sachant que ses parents, ses grands parents, arrières grands parents ont toujours vécu sur ces terres.

 

Il me fait visiter son école qui est ouverte uniquement aux enfants musulmans. Il me confie que les enfants musulmans et bouddhistes n'ont pas le droit d'être ensemble ici. Aujourd'hui il n'y a pas de cours, mais la salle paraît bien vétuste par rapport au nombre d'élèves qui peut la fréquenter. D'ailleurs, l'enseignant reconnaît que l'éducation est un énorme problème ici. Faute de moyens, d'enseignants. 

 

Je lui demande d'ailleurs dans quelle langue parle la population ici. Il me dit que les habitants échangent dans la langue arakanaise. Mais si je ne suis pas un fin connaisseur, j'ai bien l'impression que c'est la langue bengali qui l'emporte. Même dans les maisons, on entend de la musique venue d'Inde ou du Bangladesh. 

 

On traverse des champs pour ensuite gagner sa maison où il m'invite. J'en profite pour approcher des familles qui travaillent dans les terres à la récolte du riz. Je n'ai pas pu savoir si les terres leur appartenaient, mais j'ai un sérieux doute. Sans carte d'identité, il fort peu probable qu'ils soient propriétaires de quoi que ce soit.

Sur la route principale, il y a quelques étals avec le strict nécessaire en fruits et légumes ou boissons. Il y a tout un groupe de personnes autour des quelques produits à vendre. Lorsque je m'étais présenté seul la première fois, on m'avait ignoré. En revenant cette fois-ci avec l'instituteur, les regards se font moins fuyants et j'ai même le droit à quelques sourires.

 

Des sourires encore avec cette femme munie d'un bâton qui tente de faire tomber des fruits d'un arbre. Je lui demande si elle veut bien être photographiée. Elle me sourit et doit encore se demander pourquoi je l'ai prise en photo, elle qui est refoulée de son pays. Je croise aussi des femmes qui portent du thanaka sur le visage. Comme les Birmanes, mais sans les mêmes droits.

 

Au cours de cette visite, il me montre un homme avec un visage qui ressemble davantage à un Birman. Et je ne me suis pas trompé. L'instituteur me prévient que l'homme en question fait partie de l'immigration. Mais comme je ne suis qu'un simple touriste et que j'ai décliné ma profession, à savoir professeur de Français, ça ne posait pas de problème à ce que je sois ici. Quelques instants après je quitte l'enseignant et repars seul à vélo. Je passe devant deux militaires qui ne bronchent pas en me voyant. Ouf ! Ils ont quand même dû se demander ce que je pouvais bien faire là, mais ils ont préféré fermer les yeux et m'ignorer.

 

Je me promène un peu seul dans le village, mais je n'insiste pas trop car les enfants sont attirés par ma présence. Et très vite, je me retrouve encerclé par des dizaines d'enfants dont certains tendent la main. Les femmes me regardent étrangement, sans un mot. L'ambiance est étrange. Mais comment pourrait-il en être autrement alors qu'ils sont coupés du monde, livrés à eux-mêmes et pire encore rejetés de là où ils vivaient.

 

Les seuls étrangers qu'ils ont pu croiser par le passé, ce sont les membres des ONG (organisations non gouvernementales). Mais ces derniers n'ont plus le droit de venir oeuvrer ici. Je repars tranquillement vers Mrauki U. Des enfants à vélo me suivent et réclament de l'argent. Pendant que des femmes ramènent quelques morceaux de bois et des hommes reviennent avec leur maigre bétail. J'approche de Mrauk U, les enfants à vélo font demi tour. Ils n'ont pas le droit d'aller plus loin, contrairement à moi, qui ne suis pourtant qu'un simple touriste étranger.

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A
Bonjour Christophe <br /> Nous nous sommes rencontrés en février 2015 à Kalewa ( Sagaing division ) , j'etais avec mon amie Thi Thi<br /> Je lis toujours tes compte-rendus avec interet et celui ci tout particulièrement : félicitations ! <br /> Depuis 2015 , j'ai revu Thi Thi au Myanmar et à Lyon
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A
Alors si tu vas à Kalewmio .....va voir le foyer de Guillaume a Tuithang .....la route est en train d'etre (re)faite. . Ca lui fera plaisir .. . C'est un peu dur en ce moment
C
Bonjour <br /> Oui je me souviens très bien. Il faut d'ailleurs que je retourne un de ces jours à Kalewa qui m'avait beaucoup plu.<br /> Christophe
S
Beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte. un blog très intéressant. J'aime beaucoup. je reviendrai. N'hésitez pas à visiter mon blog (lien sur pseudo). Au plaisir
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A
j'aime me promener sur votre blog. un bel univers très intéressant. mon blog sur pseudo. à bientôt.
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