C'est une première qui m'a bien plu. Faire le guide à travers les montagnes proches de Kalaw, découvrir des villages Palaungs, des cultures, de jolis points de vue. Mes premiers clients : mes parents ravis de l'expérience.
Lundi 14 janvier 2019 - Ca fait maintenant quelques années que je me balade dans les montagnes autour de Kalaw, un peu au hasard, en demandant mon chemin aux locaux ou en suivant au loin des groupes de touristes accompagnés d'un guide birman. Bon ça ne m'a pas empêché de me perdre une fois.
C'est à la Morning Glory Inn que nous dormons. Dans une chambre charmante où il fait un peu froid en cette période hivernale. Un hôtel où le petit déjeuner est parmi les meilleurs et les plus copieux que j'ai pu goûter en Birmanie.
Ce matin, c'est un trekking en direction du village de Pai Ne Pin que je prévois. Après avoir rejoint la jonction appelée Pineland en direction d'Augban, avec la voiture de l'hôtel, nous voilà partis pour une marche sur un terrain moyennement pentu. Une randonnée sympathique à travers les montagnes même si la végétation est particulièrement sèche en cette période de l'année.
L'occasion de croiser de nombreux hommes et femmes qui travaillent dans les terres, certains enlèvent les mauvaises herbes ou récoltent les fruits, notamment des mandarines, sur des arbres qui en regorgent. D'autres femmes manipulent les feuilles de thé qui sèchent sur les terrasses des maisons. Dans les arbres, on observe des avocats d'une taille parfois impressionnante que l'on retrouve ensuite sur les marchés. Un fermier nous dira que la plupart des mandarines et avocats prennent la direction d'Augban avant de rejoindre Yangon.
Après quelques kilomètres, le village de Pai Ne Pin apparaît dans les montagnes. On y croise quelques femmes Palaungs en tenue traditionnelle. Seules les femmes âgées portent encore les tenues de la région. Les plus jeunes ne les mettent que durant les jours de fêtes. Le village est très peu touristique malgré le fait que quelques treks organisés y passent, une alternative nettement moins prisée que le trek menant au lac Inle.
Dans le village, quelques femmes vendent du thé vert et deux stands sur la place du village proposent thé et quelques en-cas pour les trekkeurs de passage. Des femmes arborant la tenue Palaung nous servent, tandis que d'autres sont assises à même le sol et s'occupent de jeunes enfants.
Le retour jusque Kalaw se fait tranquillement, sauf qu'à un moment donné j'ai oublié de tourner vers chemin afin d'éviter de déboucher vers la route principale où camions et bus circulent à peu trop à mon goût. Plutôt que de revenir à pied, un minibus nous ramène à Kalaw pour 2 000 k. Le soir, repas dans le resto indien qui se trouve dans l'ancienne salle de cinéma. Correct.
Mardi 15 janvier - Deuxième trek en deux jours dans la région de Kalaw, toujours en famille et je fais encore office de guide. Cette fois, direction Thaw Yar et Iwathit, deux villages Palaungs au sud de Kalaw, pas bien loin du point de vue où s'arrête la plupart des trekkeurs en partance pour Inle.
C'est le patron de l'hôtel Morning Glory Inn qui nous emmène en véhicule à l'entrée du sentier qui est désormais bien balisé avec les indications " View Point " et des distances parfois farfelues comme ce panneau indiquant une arrivée au sommet à 500 mètres alors qu'il reste plus de 2 kilomètres de grimpette. Toujours est-il qu'avec tous ces panneaux, ça va inciter les marcheurs à partir à l'aventure sans guide.
Autre curiosité de cette marche, c'est qu'on ne croise aucun groupe de trekkeurs tout au long de la journée alors que janvier est réputé être le mois le plus touristique de l'année. En revanche, les touristes birmans affluent. Et comme il n'aiment pas marcher, on les aperçoit à moto ou en voiture. Sur le parking à proximité du View Point, il y a même un minibus avec des locaux. Inimaginable il y encore deux ou trois ans où seules quelques motos s'aventuraient jusqu'ici.
Pour se diriger vers le View Point, il faut traverser un petit chemin où des échoppes, tenues en majorité par des femmes Palaungs en habits traditionnels, ont vu le jour. Toutes vendent les mêmes produits : oranges, thé vert et quelques vêtements folkloriques. Elles attendent désespérément les touristes qui ne viennent pas.
On se dirige ensuite vers le village de Thar Yaw, après quelques lacets en descente. Le village est peuplé de Palaungs et nous sommes invités par une famille à boire le thé, agrémenté de mandarines et papayes de la région. Au fil des échanges, la famille s'est agrandie et on s'est très vite retrouvé à dix assis à même le sol, pendant que la maîtresse des lieux surveille la cuisine : un simple feu avec une marmite qui chauffe.
Après cette rencontre, favorisée par le fait qu'une des femmes parlait Anglais, on repart cette fois en direction du village d'Iwathit, également niché dans les montagnes, mais où les tenues traditionnelles se font plus rares.
La route est encore longue pour rejoindre Kalaw à travers les montagnes. On marche sur un petit sentier où l'on rencontre de temps à autre des locaux qui coupent du bois ou d'autres qui portent des marchandises sur le dos. Ou des rencontres plus insolites comme ce serpent qui se dore la pilule sur un rocher.
Ce soir, la nuit sera encore bonne avant un départ en minibus pour Pinlaung, sur la route de Pekon et Loikaw.