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Le blog de Christophe

Le blog de Christophe

La Birmanie (Myanmar) de la côte ouest de l'Arakan, aux montagnes de l'état Shan, en passant par le delta de l'Irrawaddy, l'état Kayah, l'état Chin et les coins les plus reculés du pays... Vingt ans d'expérience à vous faire partager avant votre départ pour l'aventure.


Dans les montagnes Shan de Pindaya à Kalaw

Publié par Christophe sur 12 Novembre 2019, 17:25pm

Au coeur du territoire Shan avec un passage obligé sur l'un des plus beaux marchés du pays, Aungban, la grotte sacrée de Pindaya et les cultures autour de Kalaw. La nature birmane à l'état pur.

 

Samedi 5 octobre : La grotte sacrée de Pindaya

Après un bon petit déjeuner à la Dreamland d'Aye Thayar, la patronne de la guesthouse m'emmène en voiture sur la route principale où un minibus doit me prendre pour m'emmener à Pindaya (1 500 k). J'ai le droit au siège avant et vais être surpris que l'on atteigne aussi vite Pindaya, via Heho, en un peu plus d'une heure. Une route de campagne magnifique où l'on fait quelques haltes forcées, en raison de troupeaux sur la route.

Je rejoins la Cottage House, une maison d'hôtes récente tenue par une Birmane qui parle Français (20 $ la nuit la chambre simple). Aujourd'hui, je suis le seul client. On échange pas mal avec la patronne, sur son parcours de guide dans une agence francophone et son rêve qui vient de se réaliser, ouvrir une guesthouse.

Ses moyens limités ne lui permettaient pas d'ouvrir un établissement sur le lac Inle ou à Kalaw, où il y a déjà l'embarras du choix en matière d'hébergement. Elle s'est orientée vers un lieu plus calme, loin de l'agitation et de la pollution, Pindaya où elle a ouvert la première maison d'hôtes. Après les présentations, j'emprunte l'un des seuls vélos utilisables de la guesthouse pour me balader autour de la ville. 

Je file sur une route goudronnée au nord de la ville, j'évite un orage qui ne passe pas bien loin, je traverse des forêts, quelques villages à moitié endormis et des cultures de choux, de maïs... mais aussi des arbres fruitiers comme ces grenades que je cueille ni vu ni connu.

 

En chemin, je double deux charrettes tirées par des boeufs, encore omniprésentes dans cette région pour transporter de l'herbe, ou du bois ou les récoltes. On se croirait revenir à des dizaines d'années en arrière.

En début d'après-midi, je mange dans un restaurant face au lac, avec un menu en Anglais : poulet sauce aigre douce, riz, thé vert, cacahuètes, petites friandises pour 4 700 k. Pendant que je mangeais, il est tombé une belle averse. J'attends que ça se calme et retourne à l'hôtel pour poser le vélo, et prendre la direction de la grotte aux 8 000 bouddhas qui se rejoint à pied. Elle se trouve à 20 minutes de la guesthouse.

Un lieu que j'avais déjà visité il y a quelques années et que je ne pouvais pas manquer pour cette seconde visite de Pindaya (entrée 3 000 k). Me voilà parti les pieds nus, à travers cette grotte où des bouddhas sont exposés tout le long des galeries, dans chaque recoin, même dans les hauteurs, dans des endroits improbables qui paraissent quasiment inaccessibles.

Le lieu est très surprenant et fascinant, et de nombreux Birmans viennent s'y recueillir. Lors de mon dernier passage, le sol était glissant et ça en devenait presque dangereux avec l'humidité ambiante. Désormais il y a des tapis anti-dérapant sur le sol ce qui assure nettement plus de sécurité et évite la chute.

 

Je traverse la grotte de long en large, emprunte des passages étroits, parfois sombres, en ayant l'étrange impression d'être observé par des centaines de bouddhas en même temps. J'observe aussi ces femmes Paos venues en groupe depuis Lashio, m'indique un des enfants qui les accompagne. Un véritable pèlerinage. Ces femmes en tenue traditionnelle ont l'air émerveillé par tout ce qu'elles voient, ce qu'elles touchent.

La nuit tombe, je retourne à la maison d'hôtes. Après quelques gâteaux à la banane, je m'endors et supporte la couette supplémentaire car il faut un peu frisquet. Une nuit excellente, peut-être la meilleure depuis le début du séjour.

Dimanche 6 octobre : jour de marché à Pindaya

Bon ce matin, pour tout vous dire, le petit déjeuner du Cottage était sympa, mais j'ai oublié de leur dire que j'étais un gros mangeur. Bref, une ou deux tranches de pain en plus et des oeufs n'auraient pas été un luxe. A mes yeux, c'était un peu léger.

Je profite de la voiture de la propriétaire qui se rend au marché et m'y dépose. Je ne me souvenais plus qu'il était aussi animé et qu'il y avait autant de monde. J'adore l'ambiance des marchés et celui-ci me plaît tellement que je vais y passer deux bonnes heures à admirer les produits à vendre, quelques curiosités comme ces larves ou ces plats emballés dans des feuilles de bananier dont du riz de toutes les couleurs.

En fin de matinée, je croise de plus en plus de femmes de la minorité Palaung, reconnaissables à leur tenue rayée. Elles viennent toutes du même village, probablement assez éloigné de Pindaya, raison pour laquelle elles sont arrivées tardivement sur le marché. Je retrouverai un groupe de Palaungs installé à l'arrière d'un camion, femmes et enfants accroupis entre les marchandises achetées, tandis que les hommes restent debout.

 

Je sympathise avec trois jeunes filles du groupe. Aucune d'entre elles ne parle Anglais, alors échange avec les mains, des mimiques, ce qui prête parfois à sourire car je ne sais pas si on se comprend bien.

Bon à un moment donné, le contact était tellement bien passé, grâce à de bons fous rires, qu'elles veulent m'inviter dans leur village. C'est bien gentil, mais je doute qu'elles puissent m'inviter à dormir car ce n'est pas autorisé dans le pays, tout comme je doute que le camion qui les emmène puisse me ramener le jour même à Pindaya. Dommage que je ne maîtrise pas quelques mots Palaungs car j'avoue que l'aventure ne m'aurait pas déplu.

Je quitte le marché et ses allées étroites et bondées de monde, où j'avais parfois du mal à avancer correctement en raison des bâches supposées protéger du soleil ou de la pluie, qui en fait m'arrivent juste au niveau du menton. Bref, c'est recroquevillé qu'il faut parfois avancer, pas très confortable mais ça fait bien rire les Birmans, qui ne sont pas habitués à voir des grands.

Dans l'après-midi, vélo en direction d'Aungban où j'ai pu apprécier apprécier la campagne verdoyante, les cultures, les montagnes, les charrettes tirées par des boeufs... le tout entre deux averses.

 

Lundi 7 octobre : De Pindaya à Kalaw, en passant par Augban

Ce matin, le petit déjeuner est un peu plus copieux au Cottage. Aujourd'hui, je dois regagner Kalaw où une amie birmane m'attend. Il y a des transports jusqu'à 10 heures entre Pindaya et Augban. On échange une dernière fois avec la patronne de la maison d'hôtes Mya, qui fait tout le nécessaire pour que son établissement attire les touristes de passage, elle ne manque pas de mettre en valeur Pindaya qui à ses yeux mérite bien plus qu'une journée de visite et non une brève halte le temps de juste visiter la grotte. 

A 9 heures, me voilà sur le siège avant d'un taxi en compagnie d'une seule Birmane comme cliente. Je n'ai pas demandé le prix avant le départ, ça sera la surprise en arrivant à Augban. 

En tout cas, le début de parcours est absolument magnifique avec des paysages vallonnés, de très belles couleurs, des champs, des rizières, encore des charrettes, bien plus nombreuses que dans le secteur de Pindaya et des Paos qui travaillent dans les terres. En voilà un endroit qui mériterait de disposer d'une guesthouse pour des treks dans les environs car c'est vraiment très beau. Bref, c'est la vie champêtre comme il y a plusieurs décennies chez nous...

En moins d'une heure de route, arrivée à Augban. Finalement le prix du taxi est dérisoire : 3 000 k. Je trouve facilement un moto-taxi pour Kalaw (2 000 k) qui se charge de mon bagage.

A Kalaw, j'ai réservé à la Thitaw Lay House du regretté Marc, disparu en 2018, un établissement où j'ai mes petites habitudes. A mon arrivée, le personnel me reconnaît. Le cuisinier est tombé malade, mais ceux qui restent font tout pour que l'établissement soit géré comme à l'époque de Marc. Et ils le font parfaitement, même avec leurs petits moyens.

 

Je me retrouve dans un bungalow toujours aussi confortable, propre et au calme. Dans l'après-midi, je rejoins mon amie Pumpun qui fait construire une habitation dans les montagnes. Je la retrouve au sommet d'un monastère après avoir bien crapahuté en solo à travers les montagnes avec en point de vue Kalaw et un peu plus loin le village Palaung de Painepin où j'aime me rendre seul pour un trek relativement facile.

Me voilà avec Pumpun qui est toujours aussi conviviale et bavarde, à tel point que parfois j'en perds le fil de la discussion. En un après-midi, elle veut me faire tout visiter, aller de maison en maison, de ferme en ferme, de jardin en jardin en empruntant parfois des chemins compliqués à travers les plantations.

Goyaves, avocats, fraises, haricots, citrouilles, orangers, thé vert, café... j'ai le droit à des explications sur chaque arbre, chaque plante, bref sur tout ce qui pousse ici. Pumpun connaît tout le monde dans les montagnes et on se retrouve dans des familles Shan, Pao, Palaung où on boit le thé et où elle me présente. Les invitations à manger sont nombreuses.

Puis on arrive en fin d'après-midi dans sa maison en construction, à flanc de montagne, et où il y a encore pas mal de travail. Elle espère que la maison sera prête pour l'hiver. En attendant, elle dort chez des amis dans les hauteurs de Kalaw. Elle me propose un repas à base de fruits et légumes de la région, que du naturel me dit-elle. Sachant qu'un peu partout dans les terres, hélas, de nombreux pesticides ont vu leur arrivée et sont parfois utilisés à outrance.

L'heure tourne et on repart en direction de Kalaw alors que la nuit tombe. Elle me présente ensuite aux fermiers qui l'hébergent à Kalaw, avant qu'on me ramène bien fatigué, à moto, jusqu'à la Thitaw Lay House.  

 

Mardi 8 octobre : Augban reste et restera mon marché préféré

La nuit à la Thitaw Lay House a été réparatrice après une longue journée de marche dans les montagnes avec Pumpun, digne d'un trek. Ce matin, le petit déjeuner va me confirmer que le personnel met tout en oeuvre pour préserver le travail de Marc. Le petit déjeuner est toujours excellent, même si le fameux cake à la banane maison a été remplacé par un autre cake fabriquée dans une pâtisserie. Peu importe, ça reste mon meilleur petit déjeuner en Birmanie.

Direction la ville où je trouve un moto-taxi (2 500 k) pour Augban où m'attend le marché des 5 jours. Pour les habitués du blog, je vais sûrement me répéter, mais c'est le marché que je préfère en Birmanie. Même après les visites récentes des marchés de Taunggyi, Taung To et Pindaya. 

Ici, le marché est toujours aussi immense et les minorités Pao et Danu sont les plus visibles. Suis impressionné de voir toujours autant de monde alors que je suis arrivé peu après 9 heures. Je vais y rester jusqu'à 11 h 30 et c'est toujours la grande affluence.

On vient sur le marché d'Augban pour son ambiance, les rencontres avec les minorités et toutes ces femmes Pao avec un bébé dans le dos qui viennent faire leurs achats ici. Un événement incontournable pour ces femmes qui reviendront dans 5 jours pour le prochain grand marché.

Certaines viennent de loin comme en témoignent les nombreux camions garés aux extrémités du marché et qui les ramèneront dans leurs villages parfois situés à des dizaines de kilomètres d'Augban.

 

Des camions dans lesquels hommes, femmes et enfants s'entassent avec les marchandises achetées ou parfois les produits qui n'ont pas pu être vendus. Car ici, on vend et achète en même temps.

Ce marché, ce sont aussi des odeurs avec les étals de nourriture Shan qui ne désemplissent pas tout au long de la journée, des couleurs avec les tenues traditionnelles des femmes des minorités ainsi que certains hommes. Mais aussi des regards timides car si Augban commence à être habitué à voir passer des touristes, les minorités qui se rendent au marché le sont beaucoup moins. 

A ce titre, j'ai croisé quelques touristes dans les allées du marché, environ 7 ou 8, à chaque fois accompagnés d'un guide. Mais rien à voir avec les marchés autour du lac Inle où ils sont bien plus nombreux.

Je profite de mon passage à Augban pour acheter un billet de bus à destination d'Ywangan, prévu pour demain (3 000 k). Je vais regagner Kalaw, toujours en moto-taxi pour 2 500 k, me repose quelques instants à la guesthouse avant de rejoindre Pumpun, dans un monastère un peu plus proche de la ville cette fois-ci.

Cet après-midi, on ne fera pas de grande marche. Elle m'invite dans la maison où elle loge le temps des travaux. Je suis attendu par toute la famille autour d'un repas avec salades, riz, soupe, tomates et thé à volonté. Toute la famille est quasiment réunie, le couple, la grand-mère et les enfants, des filles qui se refont une beauté et tressent leurs cheveux.

On passe l'après-midi à discuter et surtout à écouter Pumpun qui sert d'interprète entre la famille et moi, et qui ne s'arrête pas de parler. Les propriétaires voient que j'aime bien les fruits de la passion et ils vont m'en cueillir. Je repartirai à la guesthouse avec deux kilos dans mon sac à dos.

En attendant Pumpun est toujours pleine de vitalité et se propose de m'emmener à moto dans une grotte sur la route d'Augban. Je lui fais comprendre qu'il est tard et que la nuit approche. De retour à la guesthouse, elle m'enverra des photos de la grotte sur le portable... je me demande quand est-ce qu'elle dort ! Pour ma part, besoin de repos car demain l'aventure continue avec un départ pour Ywangan, où je n'ai jamais mis les pieds.

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M
bonjour Christophe, je n'ai pas encore vu de compte rendu concernant votre passage dans Gwa et ses alentours ??? c'est une région que j'aimerai aller quand je retournerai en Birmanie si vous avez de bons plans ... et surtout vos impressions et votre roadbook merci
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C
ça va venir, un peu de patience... Sinon Gwa est magnifique et je recommande la Thalassa guesthouse où vous serez bien accueillie, en Français en plus !
P
Merci Christophe, une fois de plus, de nous faire partager tes expériences birmanes. La grotte de Pindaya me tente bien. Je ne sais pas encore si je refais un voyage birman en janvier ou ailleurs ... à voir. Si oui je me permettrai de te recontacter.<br /> Belle journée à toi.
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C
Bonjour, alors il faudra me contacter car la Birmanie te tend les bras !<br /> Christophe
L
Merci pour votre blog et votre dernier article, toujours aussi clair dans les commentaires et des photos grandioses. Je pars le 10/12 pour 3 semaines, j'espère pouvoir en profiter autant que vous d'autant que je m'inspire beaucoup de votre voyage ! et Pindaya en fait partie.Je suis trés mauvaise en anglais, j'ai l'espoir de pouvoir m'en sortir avec mon sourire, comme le votre ! Merci encore
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C
Bonjour, oui avec le sourire ça ira très bien. Et si le Français vous manque, allez donc à la Cottage House à Pindaya, la patronne parle Français. Christophe
L
Merci ! Ton blog me donne encie de retourner en Birmanie, pays que je n'ai pas apprécié à sa juste valeur.<br /> Je voulais visiter beaucoup de lieux en 30 jours, et je n'ai pas assez vecue dans la nature que j'apprecie beaucoup.
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C
Alors, il faut vite y retourner !

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