Je me rends à la gare pour prendre le train circulaire, ce que je n'ai jamais fait par le passé. Une trentaine de stations à parcourir en trois heures autour de Yangon. Je ne verrai pas le temps passer. Je profite des heures les plus chaudes de la journée, entre 11 h 30 et 14 h 30, pour le prendre. C'est très pittoresque. Une autre facette de Yangon se présente à moi, plus populaire, moins touristique aussi. Même si certains touristes connaissent maintenant ce bon plan. Le prix du ticket 1 $ qu'on nous vous réclamera à la sortie du train.
Le train est particulièrement lent pour faire le tour de Yangon avec la traversée de quartiers délabrés, d'autres lieux qui s'apparentent plus à la campagne birmane avec des maisons en bois, des toits en chaume ou encore ces femmes les pieds dans l'eau qui travaillent dans les cultures. Dans quasiment chaque gare, les vendeurs sont omniprésents et parfois même des marchés y sont improvisés.
Dans le train, des visages toujours étonnés par la présence d'étrangers, des sourires discrets et encore et toujours le thanaka sur les joues. Les Birmans utilisent ce moyen de transport pour se rendre à leur travail, pour aller faire leurs achats... tandis que les touristes l'utilisent comme un petit train touristique.
A l'extérieur ça joue beaucoup : football, courses d'enfants ou encore des adultes qui grimpent aux arbres. J'apprendrai plus tard que ces jeux font partie de la fête de l'indépendance. Tout à coup, quasiment à mi-chemin, les wagons se remplissent de manière spectaculaire. Des Birmans pénètrent dans le train avec d'énormes sacs de marchandises, principalement des légumes. On ne sait plus où poser les pieds. Il est près de 13 heures et ce sont des locaux qui quittent un marché pour regagner leur domicile.
Tout à coup, une Birmane veut m'adresser la parole. Elle ne sait pas comment s'y prendre. Son Anglais est excellent, elle est institutrice. Elle m'assure que je suis un des rares touristes à qui elle a la chance de parler. Il faut dire que par le passé, c'était plutôt déconseillé.On discute, on parle de tout et de rien. Jusqu'au moment où elle va se rendre compte que je suis un habitué de la Birmanie et que j'ai visité plus d'endroits qu'elle dans le pays. Pour elle, son rêve est de se rendre avec sa famille à Bagan. Le train entre dans la gare principale de Yangon, déjà trois heures passées dans ce train, sans même que je ne m'en rende compte.