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Le blog de Christophe

Le blog de Christophe

La Birmanie (Myanmar) de la côte ouest de l'Arakan, aux montagnes de l'état Shan, en passant par le delta de l'Irrawaddy, l'état Kayah, l'état Chin et les coins les plus reculés du pays... Vingt ans d'expérience à vous faire partager avant votre départ pour l'aventure.


Dans les montagnes autour de Kalaw

Publié par Christophe sur 15 Février 2018, 18:39pm

Jeudi 8 janvier 2018 : Kalaw en mode international

 

Il est 8 h 30, je pose pied à Kalaw, petite ville nichée dans les montagnes Shan et réputée pour ses treks, dont le plus renommé celui qui mène au lac Inle. Aujourd'hui, la météo est capricieuse. Il fait doux et le ciel est bien gris alors que normalement à pareille époque, c'est froid et soleil.

Un moto-taxi m'emmène à la Thitaw Lay House, tenue depuis quelques années par un Belge Marc. L'établissement est sur les hauteurs de Kalaw, au calme. Je bénéficie d'une belle chambre à 20 $ la nuit et Marc m'offre d'entrée le petit déjeuner réservé aux clients des bungalows. Certainement ce qui se fait de mieux en Birmanie avec banana pancake, oeufs, pain fait maison, tout comme la confiture, le fromage blanc... et j'en passe. Un délice.

 

Ce lundi, c'est le jour du grand marché dans la ville. Je m'y pointe sur les coups de 11 heures après une bonne douche qui s'imposait après les 24 heures de bus jusqu'ici. Le grand marché de Kalaw (qui a lieu tous les 5 jours) s'est encore agrandi avec des allées supplémentaires pour les marchands locaux. Les minorités des villages de montagne tout proches sont présentes, essentiellement les Palaungs, dont les femmes sont reconnaissables avec leur tenue bariolée et leur grosse ceinture.

 

Un marché très animé où on retrouve tous les fruits et légumes qui poussent dans cette région très fertile. Choux fleurs, brocolis, salades, mandarines, papayes, pommes de terre minuscules, salade de feuilles de thé vert, soja... les clients ont l'embarras du choix.

 

Je parcours à plusieurs reprises les allées et en profite aussi pour acheter quelques fruits. Le midi, c'est à l'Everest, le restaurant népalais que j'irai mangé un excellent curry (5 200 k). C'est justement en cherchant un restaurant que je me suis rendu compte qu'ils avaient poussé comme des champignons. Un restaurant proposant de la cuisine européenne à des prix élevés pour le pays a ouvert en plein centre, tout comme une boulangerie qui vend même des baguettes. On a également le droit à un restaurant mexicain, une pizzeria et un immense restaurant indien... plus tous les nouveaux que je n'ai pas vus.

Ca commence a faire beaucoup de concurrence dans cette ville alors que les touristes n'y sont que de passage avant de rejoindre le lac Inle, en randonnée avec guide.

En fin d'après-midi, je vais me balader dans les collines autour de la ville où j'admire les très jolies villas occupées de temps à autre par de riches birmans. Dans la soirée, je me contenterai de quelques fruits dans la chambre et un peu de lecture avant que je m'effondre. Les 24 heures de bus de la veille n'y sont pas pour rien.

Mardi 9 janvier : Presque aussi bien qu'un guide

 

La nuit a été excellente. Il faut dire que des endroits aussi calmes que celui-là en Birmanie, il n'y en a pas cinquante. Ce matin, je vais découvrir le petit déjeuner de la Thitaw 2. ça change de la veille car cette fois-ci ce n'est plus à volonté. Mais ça reste quand même largement au-dessus de la moyenne. 

Aujourd'hui, je vais tenter un trek en solo jusqu'au village de Pein Ne Pin. La dernière fois que j'y étais allé, je m'étais perdu dans des endroits improbables, au beau milieu des grandes herbes. Pour ne plus me faire avoir, je prends un moto-taxi (2 000 k) jusqu'au village de Myint Ka, en direction d'Aungban. Ce qui m'évite de marcher le long de la grande route.

 

Me voilà parti pour une balade, apparemment de quatre heures, à travers les montagnes et les cultures. En chemin, je vais croiser de nombreux hommes et femmes travaillant la terre, notamment les cultures de choux fleurs et potirons. Tandis que des arbres regorgent de mandarines aux belles couleurs. Je me servirai à quelques reprises, mais il ne faut pas le dire.

 

J'atteins Pein Ne Pin vers un peu plus de 11 heures. Le village est peuplé par la minorité Palaung. Je rencontre d'ailleurs de nombreuses femmes avec la tenue traditionnelle. Une d'entre elles me fait pénétrer dans sa maison et m'invite à boire le thé. Elle me montre des photos d'elle et de ses enfants. Elle propose à la vente quelque tissus, mais elle ne me harcèle pas du tout. Finalement je lui achèterai du thé vert. C'est le produit du terroir par excellence.

Je croise le premier groupe de touristes accompagné d'un guide. Ils entrent dans ce que je crois être un restaurant tenu par une femme Palaung qui me fait d'ailleurs de grands signes. Je pénètre à l'intérieur et elle m'offre le thé. Les autres touristes commencent à manger et je demande à la maîtresse des lieux de me faire la même chose. Sauf qu'ici, ce sont les guides qui ramènent les repas et ils peuvent ensuite profiter de la cuisine pour réchauffer les plats.

 

Je n'insiste pas et m'apprête à quitter les lieux, lorsque finalement le guide me prie de rester et me prépare un repas complet comme aux membres de son groupe : noddle avec oeuf, salade, avocat citron et banane au miel. 

 

Je repars en direction de Kalaw, m'arrête devant quelques maisons, là où les feuilles de thé sèchent en plein soleil. Je poursuis mon chemin jusqu'à un autre village au pied des collines, ici même où il y a quelques années, je m'étais perdu. Je me demande quand même aujourd'hui comment j'ai pu faire pour être aussi étourdi.

 

Retour à Kalaw, il est près de 14 heures. La fin du parcours s'est faite sur la route principale, ce qui je l'avoue n'était pas le plus agréable. J'en profiterai pour acheter une bouteille remplie de miel dans un des nombreux stands de produits locaux au bord de la route. Leur spécialité était le vin que - en bon Français - je n'ai pas goûté.

 

J'apprends un peu plus tard qu'il va falloir que je m'organise différemment car l'établissement Hostel 91 que j'avais réservé à Loikaw vient de me faire faux bond à la dernière minute. Il paraît que c'est dû à un dégât des eaux... j'apprendrai plus tard que sa licence permettant d'accueillir des étrangers a été retirée. Il me faut maintenant dénicher un autre établissement, ce qui ne va pas être simple car à Loikaw, les guesthouses sont assez onéreuses et en plus, le festival Kayah débute ces prochains jours. Je crains qu'elles soient toutes prises d'assaut. 

Autre difficulté à Loikaw, celle de trouver un guide pour organiser des excursions dans les villages des minorités. Je suis en contact avec Charlie qui me propose des excursions à 100 $ la journée, tandis que Clément, le guide le plus réputé de Loikaw, n'annonce une sortie à 150 $ la journée. C'est abusé comparativement au revenu moyen en Birmanie. Mais voilà, en Birmanie, on m'a expliqué une particularité bien étrange. Moins il y a de touristes dans une région et plus les guides demandent cher. C'est le cas à Loikaw, mais aussi à Kengtung, Mindat, Mrauk U ou encore les croisières dans le sud du pays.

Bon j'arrête de me plaindre et vais le soir au restaurant Picasso, sur la route de mon hôtel. Il y est annoncé des plats mexicains que je ne commanderai pas. Mais serai agréablement surpris par une soupe au potiron avec deux toasts et du poulet assorti de pommes de terre au four (5 500 k). Un vrai repas de montagnard.

 

Mercredi 10 janvier : Sur les sentiers touristiques

 

Après le petit déjeuner, je me décide à partir pour une grande marche, sans réel objectif. Hormis celui peut-être de rejoindre le joli point de vue, sur le chemin fréquenté par les trekkers pour rejoindre le lac Inle. 

Je vais dans les hauteurs de Kalaw où je découvre bon nombre d'hôtels tous aussi beaux les uns que les autres. Je me demande d'ailleurs comment ils font tous pour subsister car les touristes ne semblent pas se bousculer. Tout comme je suis fasciné par les magnifiques villas inoccupées et donc certaines possèdent des jardins ravissants.

 

Me voilà, sans faire exprès, derrière un groupe de touristes accompagné d'un guide. Ca m'ennuie de les suivre, mais je ne peux pas faire autrement. Je décide alors de m'arrêter, le temps de manger deux bananes et de bouquiner un peu, le temps que le groupe prenne le large. A moitié réussi car au moment de repartir, un deuxième groupe se pointe.

 

Finalement, je ne vais pas trop m'en plaindre car ça va me permettre de découvrir un nouveau sentier, à travers la forêt, qui mène au village de Taryo, près du point de vue. Je vais longer deux petits lacs artificiels et c'est à ce moment-là que je perds les groupes, en pleine forêt avec un terrain parfois glissant. Puis j'atteins un village Palaung niché dans les montagnes. Au loin, j'étais persuadé que c'était Taryo, mais non.

 

Ici encore, les feuilles de thé sèchent au sol. Une femme rassemble des tiges séchées et en fait des balais. Les femmes Palaungs portent la tenue traditionnelle et une veste verte. Au final, je ne sais plus trop où je suis et je me vois mal faire le chemin inverse car j'ai souvent emprunté des petits chemins assez improbables que je serai incapable de retrouver. 

 

Mais en longeant le chemin principal, je retrouve le restaurant des trekkers et son célèbre point de vue. Avant qu'à la queue leu leu, les groupes de touristes ne défilent devant moi, mais dans le sens inverse. Des touristes qui me saluent pour m'avoir croisé à plusieurs reprises, des guides qui me sourient en se demandant comment j'ai pu arriver là sans guide.

 

Et il y a ces locaux, très souvent des femmes qui travaillent dans les champs et me demandent où se trouve mon accompagnateur. Pour se détendre encore un peu plus, je leur confie que c'est moi le guide !

 

En chemin, je pousse mon petit coup de gueule lorsque je découvre des tas de déchets à même le sol avec des barquettes vides destinées à conserver la nourriture des touristes. Pour ce qui est de préserver l'environnement, incontestablement il faudra reprendre des cours. J'apprendrai plus tard que ça ne provient pas des groupes de touristes occidentaux accompagnés de guide, mais plutôt de touristes asiatiques qui se contrefichent de la nature.

 

J'atteins ensuite le village de Taryo où je rencontre encore des familles Palaungs, des enfants qui me saluent et une femme en tenue traditionnelle qui tient absolument à me vendre des souvenirs pour une poignée de kyats. L'heure tourne et il faut que je songe à trouver un moto-taxi, plutôt que de me coltiner près de 4 heures de marche. 

 

Le patron de l'épicerie proche du village m'avait indiqué que le tarif pour retourner à Kalaw était de 4 000 k. Mais devant les pilotes, les tarifs qui me sont proposés sont passés à 6 000 k. Je renonce et fais semblant de partir avant qu'une moto me rejoigne et m'emmène en ville au juste prix... 4 000 k. Heureusement car le chemin était encore très long.

 

Le soir, je mange dans un restaurant local sur la route de l'hôtel. Du poulet sauce cacahuète et riz à 4 000 kyats. Je rentre me coucher car demain, je pars en direction d'Aungban où se tient le marché des 5 jours, très certainement le plus beau de la région...voire de toute la Birmanie.

 

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